Articles avec #emotions artistiques tag

Publié le 16 Avril 2010

 

 

En sortant de chez le coiffeur, jeune homme voulant me vendre de la misère : "C'est pour la faim dans le monde", d'un signe de la main et avec un grand sourire (à cet endroit, près du Forum des Halles, je croise un groupe de "recruteurs" de causes humanitaires tous les jours...) je lui fais comprendre que "pas le temps". Il me sourit en retour et me déclare : "Vous avez l'air trop sympa. C'est vrai vous avez une bonne tête"


Le coiffeur ça devrait être remboursé par la sécu.


Hier, Lucas a eu peur que le nuage volcanique ne soit annonciateur de la fin du monde... il ne cessait de répéter : "On va tous mourir, on va tous mourir". Pour le rassurer, je lui ai dit : "Oui, Lucas, on va tous mourir... un jour ou l'autre. Et puis, tu sais, comme le dit Bigard, 100% des fumeurs vont mourir, et 100% des non fumeurs...". "Vont mourir !!!", a-t-il ajouté, en riant. Il a même conclu (on devine l'influence de la famille) : "100% des Sarkozy vont mourir, aussi !".


Dire qu'il va falloir attendre la fin du monde... pour que cesse la faim dans le monde... 


Ce soir, j'apprends qu'une boule de feu est apparue dans ciel américain... Dites, c'est quand 2012 ? Euh... il paraît que c'est pour la réélection de Sarkozy... 


 



En plus j'apprends, de source sûre, que Dorham ferme ses commentaires... tout en mettant en veilleuse son blog... si ça ce n'est pas l'effet du nuage, doublé de l'influence de la boule de feu... je voudrais bien qu'on m'explique. 

 

Et, un petit fado ? non ! en avant première, voici la prochaine défaite du Portugal à l'Eurovision, (je rappelle que la dernière fois que la France a gagné c'était avec une Portugaise...) :


 

 

 

 

 


 

 

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 3 Septembre 2009



Qu'est-ce qu'un mauvais garçon ? mon précédent billet pouvait laisser planer un doute sur la question. Ce soir j'ai trouvé mon frère en interrogation, en non alignement à la "gentillesse" formatée. Jacques Audiard, dont on passait sur Arte : De battre mon coeur s'est arrêté.

Au départ, c'est un agent immobilier, à première vue on pourrait dire un méchant, un sans-coeur (il exproprie à tout-va pour faire des profits, avec en face, les soi-disant gentils, les membres des associations de défense des sans-papiers, le DAL), pourtant, pour la société et suivant ses critères, c'est quelqu'un qui a réussi.

Le film est une illustration parfaite à mon précédent billet... le méchant, celui qui n'a aucun scrupule, qui est sans foi ni morale... celui qui trouvera la rédemption, submergé par son âme (à laquelle il ne croit pas) au détour d'un incident, au détour du plus profond en lui. Le piano. La musique qui revient par des chemins tortueux au bout de ses doigts.

L'intérêt étant que le gentil garçon de circonstance (Romain Duris, dans ses rôles habituels) soit apparemment un méchant, puis pas tant que ça... et devienne finalement un humain dans toute son ambiguïté... et sa grandeur. Sans jamais renier sa face d'ombre...

Je me suis dit : "ben tu vois, tu le disais de manière très compliquée dans ton billet, plein (?) de gens ont peut-être même été choqués, lui, dans son film le pose très nettement, et je suppose que Le prophète poursuit cette démonstration : on est double, ni tout bon, ni tout mauvais..."

Je sais que le thème est rebattu... et que Dostoïevski, par exemple, avec son Idiot, ou Crime et châtiment, a déjà exploré largement cette noirceur... Camus et son Etranger...

L'essentiel est la continuité du questionnement, et de la quête de lumière dans les ténèbres.


Photo (c) Luciamel (Ouessant)


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Rédigé par Luciamel

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Publié le 26 Août 2009

                                             Photo (c) Luciamel, le Père Lachaise, récemment.


Un ami me l'avait conseillé vivement (il y était allé deux fois). J'hésitais car les critiques n'étaient pas très bonnes, mais rien ne pouvant supplanter le bouche à oreille, me voilà, par un temps caniculaire, en route vers une salle climatisée de mon quartier.

Le doute après l'avoir vu est : est-ce un film ? un manifeste ? une performance ? Je pencherais pour la dernière option, avec toutefois l'impression que dans ce cas-là (de provocation pour choquer le bourgeois) rien de nouveau sous le soleil depuis les performers post surréalistes.

Bien heureusement, les conférences de mon amie Barbara m'avaient éclairée sur l'approche "art extrême" des plasticiens de la modernité : voyez
ici, ou . Ok, avant d'arriver, tel un bonze, aux Vêpres de la Vierge, de Claudio Monteverdi, Oleg Kulik avait fait le chien, tout nu et tenu en laisse, dans les rues de Moscou. Marina Abramovitch... est assez "art morderne", elle aussi.

Alors, à vrai dire, les excentricités de Sacha Baron Cohen dans
Brüno ne m'ont pas étonnée, ah... très années 80 tout ça... Surtout, très surjoué. Je joue à jouer que je choque, mais en fait je reste très "commercial"... Choquer le bourgeois s'est juste un peu déplacé : "choquer le bourgeois hétéro, ou le bourgeois homo". Mais, la question importante est de savoir si le but est atteint. A priori non, deux ou trois personnes se sont levées avant la fin du film. Beaucoup (d'hommes, homos ?) ont ri (aucune femme). Ceux qui sont restés dans la salle (la majorité) étaient plutôt jeunes et plutôt bobos...

Conclusion :

1. J'habite le bon quartier : je suis tout à fait bobo... car je n'ai pas été choquée;
2. Je préfère les plasticiens et l'art moderne au cinéma... commercial;
3. Je suis bien une femme (je n'ai pas beaucoup ri);
4. A-t-on vraiment fait avancer le schmilblick ? Sacha Baron Cohen l'aurait voulu en tout cas, avec force appareillages... et autres objets... pénétrants;
5. La réalisation et le jeu des acteurs étaient-ils à la hauteur ? sans vouloir faire de mauvais jeu de mots, il me semble que non; les sous-titres des sous-titres et la caméra-réalité étaient pénibles, le réalisateur-acteur n'est pas transcendant (il fait beaucoup plus sexy sur l'affiche...);
6. Il eût mieux valu aller voir l'expo de
Jeff Koons à Versailles... (c'est le petit ami de Sofia Coppola qui le dit... lui, rocker célèbre du "quartier" : Versailles "sa mère", Thomas Mars, chanteur du groupe Phoenix : jeunes hommes chantant pour filles de bonne famille);
7. Pourquoi vais-je au cinéma ?
8. Décidément, rien ne vaut le dernier Woody Allen, ou le dernier Manoel de Oliveira (le plus vieux cinéaste en activité);
9. Si on s'écoutait un petit fado ?
10. Non, pour changer, du rock, du blues... du Jeff Buckley (et les petits dandies versaillais n'ont qu'à bien se tenir).




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Rédigé par Luciamel

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Publié le 14 Août 2009

Grâce à Barbara, mon amie historienne d'art, j'ai fait un voyage au loin... découvert un quartier que je connaissais très mal (ou seulement quelques rues, quelques bars, quelques restos...). Moi, la prolo... du quartier bobo, le 4e arrondissement de Paris, j'ai compris ce qu'était le concept bobo des quartiers prolos. Ben, ça a l'air de mieux respirer ! plus d'espace, moins de voitures, petits apparts, petits passages, petites ruelles... tout le monde avait l'air plus cool... un peu l'Afrique, un peu le sud... un peu la gauche baba... d'antan, ou un certain Montmartre d'un autre temps. Bref, ça m'a fait envie.

Voyage dans le passé, dans les sentiments aussi. Mais pourquoi Barbara m'as-tu fait tourner pendant deux heures autour de l'ancienne maison de mon ancien petit ami ? du temps où il m'aimait si tendrement... Encore un clin d'oeil : ma pérégrination démarrée près du Père Lachaise, où Elisa repose, s'est finie dans le bus 96. De là-haut, Ménilmontant, à chez moi, en passant près de sa précédente demeure...  elle qui clouée sur son lit me disait : "Tu sais, ça me fait rêver d'entendre le bruit du 96 dans la rue, ça me rappelle le temps où je pouvais le prendre pour aller travailler à Beaubourg, c'était le bon temps..."

Est-ce elle ou toi qui a manigancé ce voyage-là ?

Toujours est-il que ce fut l'une des plus belles promenades qu'il m'ait été donné de faire dans cette belle ville... Partie à 15h pour aller à l'expo dont Barbara est la commissaire, je descends place Gambetta et m'apprête à rejoindre tout doucettement le "Carré Baudouin", au n° 121 de la rue de Ménilmontant. Munie du plan imprimé sur la plaquette fournie par la Mairie du XXe (organisatrice)... je décide de faire le parcours proposé en complément de la visite, mais avant ! Grand bien m'en a pris, la découverte fut un enchantement, et, fort heureusement, j'avais pour suivre l'itinéraire un plan du quartier bien plus détaillé.

L'expo : 
Art urbain, Mairie du XXe.

Le parcours : au départ du 194, rue des Pyrénées, la rue de Ménilmontant, la rue de la Duée, la rue de Pelleport, la rue du Télégraphe, rue du Jourdain, rue des Cascades, Place Maurice Chevalier.

A l'arrivée le Pavillon Carré de Baudouin. Magnifique expo, retraçant l'itinéraire de trois artistes de renom :

Jérôme Mesnager et son bonhomme blanc;

Mosko (l'équipe) et leurs animaux tout colorés;

Nemo et son bonhomme noir.

J'arrive à destination à 17h... Le travail de la commissaire de l'expo est impressionnant, c'est en tous points magnifique : la qualité des oeuvres réunies sur place, au parcours proposé "en randonnée" dans le XXe pour retrouver l'art in situ... agrémentée par la projection de petits films documentaires sur ces artistes hors normes, ce, dans une salle hyper confortable (où l'on se re-pose avec grand bonheur).






















J'ai eu le plaisir de découvrir quelqu'un... qui n'était pas sur la liste, mais bien sur le chemin...  comment s'appelle-t-il ? mystère et boule de gomme. En tout cas il me plaît.







Et pour terminer... votre serviteur... (on ne dit pas serviteuse, ni servitrice, et servante est le féminin de servant, donc... me voici ) :




Photos (c) Luciamel.

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 26 Juin 2009

"Vous ne pouvez pas imaginer ce que c'est que de perdre un enfant", cette phrase mon père l'a dite à une amie, le jour des obsèques de ma soeur.

 

C'est aussi ce que le père de Michael Jackson a pu dire. Ce que Jean-Louis Trintignant a ressenti, ce que Nadine Trintignant a crié.

Michael Jackson... une ministre, de quel ministère ? difficile à dire... celle qui a eu le malheur de ne pas regretter sa mort, quelle bêtise ! on lui demande juste de communiquer... pas de faire du sentiment, ni même d'avoir des résultats. Si en plus il faut leur apprendre leur métier : communiquer.

Michael, oh la la... que de bêtises j'ai faites en l'écoutant... Sans vous en dire plus... je vous laisse juste l'imaginer, c'était en 1987 ou 88... sachez seulement que la cassette (que j'ai toujours) est passée plusieurs fois sur le métier.

You're just another part of me... I'm bad...

Mais ma préférée... Liberian girl (déjà en ce temps-là), à vrai dire, difficile de préférer... en fait, j'aime tout Bad, en boucle. The man in the mirror... "if you want to make the world a better place, take a look at yourself and make that change"...

Je ne suis pas triste... comme dirait Christine Lagarde... (pas pour les mêmes raisons) mais je suis émue, profondément émue, à l'annonce de sa mort, comme je l'ai été de nombreuses fois, à l'écoute de sa musique.


 


A l'époque je m'étais intéressée à cette Liberian girl... femme du Liberia, le Liberia premier état africain indépendant... en 1847 et depuis 2006 premier état africain à avoir élu à sa tête une femme...

Merci Michael et bravo pour ta clairvoyance : Liberian girl... l'annonce d'un nouveau monde (et ce clip à nouveau téléchargeable depuis aujourd'hui... une pure merveille).

L'autre bêtise... ce fut à l'écoute de I just can't stop loving you... quelle idée ai-je eue alors d'appeler mon prof (particulier) d'anglais, Steve..., pour lui faire entendre cette chanson ? Il était plus de 22h, Elisa me le disait bien... "que fais-tu ? ce n'est pas raisonnable... ça ne va mener à rien". Et en effet, ça ne m'a aidée qu'à comprendre que la musique, et les chansons, c'est un doux rêve. Il m'a répondu à la leçon suivante : "j'étais très flatté, mais... il se trouve que je suis..." (il m'a raconté un baratin, il voulait dire "je suis ton prof", aujourd'hui je comprends ce qu'il a voulu dire, je suis prof moi-même, il existe un mur, une sorte de miroir, ou de toile de projection, dans cette relation, comme dans celle du psy et du patient, de l'acteur et du spectateur, de l'écrivain et du lecteur).

Quelle belle chanson et quel beau souvenir, merci Michael.



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Rédigé par Luciamel

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Publié le 21 Mai 2009

ajout du dimanche :  

vous qui avez été "choqués", intrigués, intéressés par cette visite inspirée... voici, avec son autorisation, les coordonnées de Barbara Boehm, et de son association Decumanos, cela vous donnera peut-être envie d'en savoir plus, de la suivre dans ses conférences, ou ses stages... envie, peut-être, de vous interroger, c'est ici.

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Mon amie Barbara B., historienne d'art et commissaire d'exposition, nous a hier, une fois de plus, bluffés. Lors de sa  conférence "Le corps érotique, où va l'Eros ?", elle nous a fait découvrir les terres explorées par ces nouveaux artistes, des photographes avant tout, qui dans une recherche à la fois intérieure, mystérieuse, blasphématoire, et criante... d'interrogations, nous font regarder là où nous ne voulons pas, ce qui nous effraie, notre mort... liée à notre incarnation, par ce qui nous maintient en vie : l'éros.

Je vous propose, en suivant le cours de sa conférence, des liens vers ces "artistes" (à vous de vous faire une idée), qui vous choqueront certainement, entre Thanatos et Eros... qu'y a-t-il, finalement, de plus important ? le temps que nous passons à imaginer que nous sommes au paradis (et, là aussi, ça renvoie à un artiste : Jeff Koons ) ? pour ceux qui en auraient été chassés... voici :

Tout d'abord,
Robert Mattlethorp, puis...

Henri Maccheroni;

Alain Fleischer;

Nan Goldin;

Andrés Serrano;

Jeff Koons;

Gillian Wearing;

Paul Armand Gette; et

Joel Peter Witkin.


Pour compléter l'évocation de mon amie, et parce que revenir, toujours, sur les traces de mon passé me fonde. Je voudrais lui suggèrer l'univers de cette artiste extraordinaire, une Portugaise installée à Londres, là-bas unanimement reconnue, ici... moins. J'en ai déjà parlé : Paula Rego, peintre.





Et pour rester dans le thème de Thanatos... marié à Eros, ces quelques  images de l'artiste :







Je vous laisse découvrir la suite, ici.

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 16 Mars 2009

                                              Béatrice et mon cadeau d'anniversaire


Tu fais quoi dans la vie ?

Je suis "artiste"...

Ah ouais, c'est cool.

C'est quoi être artiste, au fait ? T'es édité(e) ? t'es exposé(e) ? T'es diffusé(e) ? T'es classé(e) Wikio ?

J'en connais quelques uns des artistes, les plus reconnus d'ailleurs n'étant pas forcément les plus "m'as-tu-vu".

Les plus talentueux n'étant pas non plus les plus prétentieux (que de narcisses, et de pervers de surcroît... dans ce monde-là).

La cour de ces gens-là... un poème. Vous reconnaîtrez l'artiste à la meute qui le suit, qui l'adule, qui est prête à tout pour lui. Les parasites, ça se sent... au fait que ça... gratte.

L'art de rue, l'art éphémère (combien de temps le restera-t-il ?) bientôt il sera récupéré, monnayé... mis en galerie.

Pour moi les artistes n'ont pas un pedigree (ni les blogueurs d'ailleurs).

En voici un(e) au détour de mon chemin.


inconnu(e) rue Vieille du Temple




Photos (c) Luciamel

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 31 Janvier 2009




Ecrire. Ne pas écrire. Faire la grève. Et puis... que dire qui vaille la peine ? (si ce n'est pour participer au joli charabia littéraro des blogs, c'est-à-dire au "je m'écoute écrire..." et j'aime ça); pourquoi allumer mon ordinateur ? et transmettre au monde de mes 50 lecteurs quotidiens - ou plus, ou moins, mais qu'importe - des pensées qui n'intéressent sans doute que moi..?





A pied dans Paris, j'avais laissé ma voiture sur le trottoir, et croisai ma voisine à qui l'on avait voulu arracher le coeur, sauf que les sots l'avaient situé à droite... car, face à leur gauche à eux; voilà bien qu'ils agissent comme nous, internautes de base : ils inversent tout, projetant sur l'autre leurs propres tares, voire leur talent (l'effet miroir).


Même les démons aujourd'hui font rire. Comme ces jeunes, des gothiques à ce qu'ils disent, croisés tout à l'heure devant leur boutique.


Heureusement, j'avais mieux à faire. Rendez-vous pris avec Barbara pour visiter l'expo de Simon Gaetan. La crypte nous accueillit tel un ventre aux couleurs chaudes, et à la "circumdité" réconfortante. Le maître de céans nous fit l'honneur de nous initier aux petits secrets cachés de l'oeuvre, Barbara, l'experte, releva les influences, et pour un certain tableau, se référa à Bonnard. Ce sur quoi, Simon nous parla du suicide d'une des modèles du peintre. Moi, saisissant la balle au bond du sujet qui me taraudait depuis le matin (j'avais rêvé du suicide du père d'une amie, et avais, dans la nuit, remonté le temps pour trouver la clé du mystère) lançai : parlons-en du suicide ! Et nous voilà partis (je vous laisse retrouver le fil) sur Laurence Parisot, les grèves, Sarkozy, Villepin, Napoléon III et Victor Hugo, pour arriver à la conclusion que forcément il, Sarkozy, allait sauter (ou nous...).

Pourtant, au sortir dans la nuit froide, c'étaient bien les couleurs (le noir-japon, les bleus, les "terre", le blanc), les visages, l'intensité des thèmes traités par l'artiste qui demeuraient présents à nos esprits : la force des regards (du regard ?) tournés vers nous, l'interrogation des corps, exposés au regard du peintre (au nôtre ?). L'ange, lui, avait les yeux baissés et baignait dans l'obscurité.




Notre fin d'après-midi était chargé, et après ce plat bien consistant, nous sommes reparties au pas de course vers la galerie Blondel, où mon cher ami 
 Zoltan Zsako avait son vernissage. Barbara fut séduite par l'ampleur et la qualité de l'oeuvre. Elle me dit les influences de la Renaissance, la facture très classique du trait, les thèmes bibliques, la mythologie, mais surtout... l'originalité du travail : des bas reliefs moulés sur du plâtre, recouverts parfois de feuilles d'argent, la finesse du dessin.





Elle resta plus longtemps devant la Cène en Seine, et Transposition, où elle reconnut  "L'île des morts" de Böklin. Ca lui semblait évident, elle m'en traçait les contours, me disant que quand on l'avait vue une fois on ne pouvait l'oublier, elle me parla de sa mise en musique par Rachmaninov. Je ne manquai pas de  m'en enquérir auprès de Zoltan, lui demandant si son tableau n°13 (ah...) était inspiré par... il ne me laissa pas terminer : "oui, c'est un hommage à  "L'île des morts" de Böklin". Il nous expliqua ensuite qu'il l'avait réalisé dans le cadre d'une expo, au Grand Palais, dédiée à ce thème.



Voilà, comment, quand on se sent vide... et peu enclin à communiquer, la vie nous prend par la main, et nous emmène à la croisée des chemins, jusqu'au bout de la nuit.

Nous nous quittâmes en ce début de soirée, heureuses d'avoir rencontré ces artistes dont les oeuvres interrogent l'ici humain (ecce homo), et le surgissement d'un certain au-delà.


L'île des morts de Böklin


Photos (c) Luciamel, sauf Ecce Homo de Antonello da Messina et Böklin


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Rédigé par Luciamel

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Publié le 23 Janvier 2009

Je voulais écrire sur les performers... Hier j'ai assisté à une conférence de mon amie Barbara sur "Le corps en jeu" dans l'art... J'en suis encore tellement bouleversée que je préfère laisser mûrir la chose. C'est presque comme si pour moi il y avait un avant et un après cette approche du fait artistique. Pour vous résumer, il s'agit de la "dinguerie" (absolue et géniale) d'Oleg Kulik, même Télérama l'encense ("Dieu reconnaîtra les chiens"...  dans son supplément "Sortir" de cette semaine), pour annoncer la mise-en-scène de cet "artiste" totalement déjanté au Châtelet, dans "Les Vêpres de la Vierge" de Claudio Monteverdi. C'est d'ores et déjà présenté comme un événement incontournable. Oleg Kulik étant le nec plus ultra de l'avant-garde plasticienne (depuis, il a viré de bord et aujourd'hui, comme Léonard Cohen, lui, l'artiste devenu millionnaire, se serait tourné vers la méditation tibétaine).

 

J'ai aussi retenu la... création... de Marina Abramovitch, une ex-Yougoslave. Je me dis que des deux, d'Oleg ou d'elle... je ne peux décider lequel est le plus... azimuté (au sens positif du terme).

 

Elle est née en 1946, depuis toujours elle performe... en 2004 au Guggenheim, une dizaine d'heures, elle mange un kilo de miel, boit un litre de vin rouge (ça a dû l'aider quand même...), dessine sur son ventre, à la lame de rasoir, une étoile à cinq branches (c'est son obsession), puis s'allonge des heures durant sur une croix de glace, avec une plaque chauffante suspendue au-dessus d'elle, faisant saigner l'étoile. Avant cela, elle s'était copieusement fouettée. Ils disent, se disent... que la démarche est mystique, transcendante. De l'art, je ne peux encore juger... j'ai besoin de digérer.

 

J'en passe certains, des Autrichiens (l'école viennoise des années 50/60 qui me fait furieusement penser à Elfriede Jelinek), dont les créations me semblent si proches des "messes noires" du Moyen Âge, que j'en reste dubitative.


Il n'en demeure pas moins que la démarche de ces artistes au mysticisme flagrant, revendiqué, exacerbé ou exhibé, prenant leur corps pour une toile, leur psyché pour une terre à explorer, tels des dadaïstes révoltés, réveille quelque chose dans nos consciences endormies : c'est leur but je crois.
 

Dieu serait mort, a-t-on dit, le Diable, quant à lui, est toujours bien vivant.

 



Photo : "Adam et Eve", oeuvre de Zoltan Zsako, exposition du 31 janvier au 14 mars, à la galerie Blondel, à Paris.

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 8 Janvier 2009

Elle est mon initiatrice à l'art de rue (comme j'aime à l'appeler, traduction littérale du "street art" américain), nous avons échangé ce soir (c'était le vernissage de son expo, à la Coopérative) sur ces différents termes : "art urbain, éphémère, de rue". Elle, c'est Roswitha.

Je lui ai parlé du blog de
Lusina, où j'avais trouvé cette référence à un artiste brésilien épatant, il s'appelle Alexandre Orion, il a fait une "intervention urbaine" dans un tunnel de São Paulo... des crânes dessinés sur la suie du tunnel à l'aide d'un chiffon (cliquez ici pour la vidéo), "art contre la pollution". Sur son blog vous trouverez aussi des tas de références à la lusophonie, "pholie" comme nous aimons, elle et moi, à la qualifier), des auteurs du Cap Vert, du Mozambique, d'Angola...


Et, arrivée très tôt, j'ai pu avoir ma première leçon de mail art, ou d'art... à base de collages, c'est Christine qui bien involontairement me l'a donnée (elle préparait la couverture du livre d'or de Roswitha), je lui ai dit ma difficulté à aborder cette expression artistique, elle m'a encouragée, et je me suis lancée... (c'est une bonne prof Christine). Je lui ai parlé de
Lindo, qui fait des choses extraordinaires à partir de magazines recyclés, ben j'avais oublié de lui envoyer les coordonnées, voilà, c'est chose faite, allez sur le lien).






Avec
Christine nous avons aussi, en passant et sans nous attarder, abordé la question des blogs... des blogueurs... Bon, j'ai pris une résolution cette année, j'ai dit "consensualité", dorénavant, je vais toujours aller dans le sens du poil... apparemment... dire gentiment et sans qu'on puisse le prendre mal, ce que j'ai à dire. Certains de mes textes, trop polémiques, seront effacés ou redirigés sur d'autres plateformes. Pourquoi ? parce qu'elle est sensible Lucia, comme tout le monde... les flèches l'atteignent aussi.




 


Plus sérieusement, je me sens dans une énergie où j'ai envie de méconomiser (ben oui, vous avez entendu parler de la crise...) : ne pas me dépenser inutilement... sur mes com's, sur mes billets (ça, ça sera plus dur, donc "effacer" et "rediriger"...), ne plus essayer de lutter pour améliorer l'état des choses (en général ça se transforme en boomerang infernal).

 

J'ai envie de sourire à la vie (comme je le disais à Noèse), j'ai toujours eu, par le passé, coutume de sourire à la vie... J'en ai envie de nouveau... c'est tout.

 

 




En cadeau pour Roswitha, car c'est elle qui est à l'honneur ce soir, ne l'oublions pas, un extrait de La graine et le mulet  (il y manque l'image essentielle, celle qui ressemble à ta photo, ci-dessus) :






Photos (c) Luciamel, ce soir, à l'expo (et oeuvres) de Roswitha.

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Rédigé par Luciamel

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