Publié le 28 Septembre 2010

 

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                                                                  photo (c) Luciamel

 

Hier, je rentrais chez moi, dans le 47. A Châtelet, à l'arrêt, j'aperçus, assise sur le banc prévu à cet effet, une femme, bien en chair, d'une quarantaine d'années, noire de peau, entourée de moult sacs "Tati", le beau visage d'ébène appuyé sur l'un d'eux, les yeux clos, la bouche entrouverte. Elle semblait... partie vers un ailleurs serein, oubliant Paris, la misère, la drogue, le lundi. Sa tête penchée était semblable à celle d'une Madone, pourtant, cette femme qui jubilait n'avait rien d'enviable, face à sa détresse, sa vie... on ne pouvait ressentir que de la pitié. Je la vis doucement ouvrir la bouche, comme aspirant du bonheur, encore, encore... 

 

Tout à l'heure dans le métro, à la station Arts et Métiers, une femme asiatique d'une bonne soixantaine d'années marche seule dans ma direction, moi assise dans le train qui s'éloigne. D'elle a surgi un sourire éclatant. Une joie, de je ne sais quoi, venant vers moi... comme une vague qui se propageait. 

 

Deux moments, deux femmes, en pleine jubilation. 

 

 

 

 

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 27 Septembre 2010

 

 

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                                                             photo (c) Luciamel

 

 

 

Il y a les frères Coen, les frères Dardenne, et les frères Larrieu... Drôles de couples qui créent en coeur. Un jour où j'aurai du temps... j'aimerais me pencher sur la particularité d'une telle relation. Quels thèmes privilégient-ils ? leurs films présentent-ils des similitudes ? 

 

Ce soir, Peindre ou faire l'amour passait sur Arte, je l'avais évité au cinéma car la gentille partouze familiale... pleine de bons sentiments, à l'époque, ça me faisait fuir, mais là, deux TT à Télérama rendaient difficile de passer outre... d'autant que ma série habituelle Castle, sur France 2, ne joue pas dans la même catégorie... Dont acte. J'ai tenu 10 minutes. 

 

Ils sont tombés sur la tête les Larrieu ? Le film date de 2005, mais quand même. On nous présente de jeunes pré-retraités... (Sabine Azéma, et Daniel Auteuil, 54 ou 55 ans au moment du film) euh... mais, ça n'existe plus la pré-retraite ! si ? voilà ce que j'ai trouvé sur le Net...  si vous y arrivez vous... même à 57 ans, à percevoir 50% de votre salaire...  jusqu'à la retraite à taux plein (65 ans auparavant, avec la réforme c'est 67), c'est royal ! Effectivement, ça donne envie de se mettre à la peinture. Toujours est-il que ces deux couples, dont je savais qu'ils allaient se mettre à s'échanger leur conjoint, ne m'ont vraiment pas séduite. Heu... je garde la peinture, et m'en retourne sur Castle

 

Samedi prochain, j'ai prévu d'aller manifester !!! ben, pour une fois, je pourrai m'associer à mes amis de chez Renault (dont les cars emmènent les grévistes à la manif) et ceux de la fonction publique (ministère du travail et éducation nationale). Je vous promets de faire des photos. 

 

Imaginez qu'on doive travailler jusqu'à 66 ans... j'entends déjà des gens autour de moi essayer de trouver les moyens pour y échapper : on se cherche un cas de pénibilité, on regarde dans les placards les enfants qu'on n'aurait pas déclarés... Et, bien sûr, je prévois que nous aurons les petits "malins" et les autres... ceux qui se trouveront le juste calcul, le cas de "pénibilité", et ceux qui n'auront pas pu avoir d'enfants (mon cousin m'a expliqué que lui avait bien le droit d'être favorisé car il avait contribué plus que d'autres - i.e. ceux ou celles qui n'en avaient pas - à la collectivité...), les femmes qui n'auront pas fait leur devoir... et seront doublement pénalisées : sous payées, exploitées durant toute leur vie professionnelle, mais devant, elles, pour une retraite inférieure à celle des hommes (ce n'est pas parce qu'elles n'ont pas eu d'enfant que leur salaire a été valorisé, contrairement à ce qu'on peut entendre par moments), cotiser 41 à 42 ans. J'aimerais qu'on s'habitue à dissocier femme et mère. J'ose affirmer qu'une femme, non mère, a été tout autant exploitée qu'une autre (et, en France, plus stigmatisée). Et puis, si on a commencé à travailler à 16 ou 18 ans, et qu'on n'a pas fait d'études, pour quelle raison aurait-on forcément le droit de partir avant ? Ne me dites pas que c'est parce qu'avec un Bac + 5 on gagne plus... (pas si on est une femme) et, en quoi les études ne constitueraient pas un travail ? Je constate que la différence de sexe influe plus sur le niveau de salaire que la qualification. Sans relever le fait que, de toute façon, on sait bien qu'on sera bien obligé(e) de s'arrêter de travailler avant 67 ans (avec chômage et/ou précarité). La solution ? mourir avant... 

 

Oui, on divise pour mieux régner. Oui, on essaie de créer (ce qui marche à tous les coups) des moyens de faire fonctionner le système D : ceux qui pourront trouver une entourloupe, un moyen d'être favorisé, la France, avec le Portugal, sont, parmi les pays d'Europe, ceux où le passe-droit est un sport hautement valorisé... (on trouve pire, c'est sûr... la Grèce, Malte et l'Italie). 

 

Dans un pays comme le nôtre, il est plus que dangereux de faire des distinguos, de permettre à certains de bénéficier de régimes spéciaux... Qu'on fasse un décompte clair (soit par un nombre total d'annuités, soit par un âge de départ unique pour tous), ou on aura, comme à l'habitude, les débrouillards et les autres... S'il y a pénibilité, efforçons-nous de la réduire, s'il y a inégalité, efforçons-nous de l'atténuer, plutôt que de dire qu'on va la compenser. Luttons pour l'égalité, toujours et encore, ne justifions pas, en l'indemnisant, l'exploitation, la domination, l'humiliation. Quelles qu'elles soient. 

 

Une retraite à 60 ans, la même pour tous. Après, nous trouverons les moyens pour la financer. 

 

 

 

* reprise des paroles de la chanson de Bertrand Belin : "Porto". 

 

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Publié le 25 Septembre 2010

 

Chacun cherche son bonheur à sa façon, et bien souvent désespérément. En fondant une famille, en se réalisant professionnellement, dans une église ou un monastère (sous toutes ses formes, parfois même celle d'un café, ou d'un blog), ou, tout bêtement, dans son lit. Que nous soyons feuille, fleur, fruit ou graine, quelle importance ? Si nous nous reconnaissons en tant que tel. Ipomée ou olivier ? apprendre à se connaître comme disait machin, à Delphes... et rayonner cet être-là. 

 

 

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                                                                  photos (c) Luciamel

 

 

Pour continuer la découverte d'artistes nouveaux, sur la scène française ou internationale, ce clip un peu... pique-nique de Bertrand Belin (Télérama le compare à Bashung, je trouve qu'il a son style propre, et comme dit mon ami Roger Tabra, l'incomparable Bashung...).

 

 

 

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Publié le 24 Septembre 2010

 

 

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                                                            photo (c) Luciamel

 

 

"- Pourquoi te bats-tu encore ? ça ne sert à rien...

- Jusqu'à ce qu'ils écoutent.

- Ils ?

- Ils... ben, eux. "

 

 

Toutes les révolutions, toutes les injustices se résument à cela. 

 

On veut qu'ils... nous écoutent. Nous ? qui sommes-nous dans ce cas-là ? Pas des riches, en général... plutôt des pauvres, des exploités... ou des "achetés", des "vendus", des "arrangés" avec le pouvoir, n'est-ce pas ? c'est un signe, ça, non ? Les riches sont rarement révolutionnaires... Les riches sont rarement communistes... ou anarchistes... non ? pourquoi ? Pourquoi les Gérard Depardieu se mettent-ils à défendre les Nicolas Sarkozy sur leurs vieux jours ? Pourquoi les Val deviennent-ils des valets ? Comme disent les Pinçon, les riches sont toujours solidaires entre eux, les démunis, non. Les pauvres auraient plutôt tendance à se diviser... comme les femmes, tous les dominés ont cette habitude-là... à  collaborer avec les dominants. C'est humain. 

 

 

 

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Publié le 23 Septembre 2010

Vous êtes bien informés, mieux que moi sans doute, alors que vous dirais-je que vous n'avez déjà lu et relu ? Pourquoi, d'ailleurs, ajouter quoi que ce soit ? Pour passer le temps (ah, le besoin de divertissement...) ? par manque d'affection (ah, le manque d'amour...) ? parce que mon nombre de lecteurs chute dangereusement (ah... etc) ? parce que j'en ai assez du roquefort ? pour m'exprimer ? pour aligner des mots... du sens, des sensations, du ressenti... ? pour prendre à bras le corps cet outil, nouveau, qui donne à tout un chacun la possibilité de se croire poète, ou d'être un... un... créateur (une... une... créatrice). 

 

Aujourd'hui le thème de l'atelier d'écriture (à gauche) était : "avez-vous manifesté ? dans quelle ville, et combien étiez-vous ?". 

 

J'ai bien lu vos reportages, vos analyses, toutes ces dernières années... vous vous êtes souvent distanciés de ma vision "prolos/bourgeois" de la société, vous n'étiez pas toujours prêts à me suivre dans mon enthousiasme pour Ségolène Royal. Vous la trouviez trop... et pas assez... Je n'étais pas dans la rue, ni cette fois ni les autres : je travaille... dans le privé. J'attends que les manifs aient lieu le week end pour pouvoir me joindre à vous (oui, je sais, vous étiez très très très nombreux... à venir du privé...). La retraite à 60 ans ? naturellement, c'est pour ça qu'il faut se battre. C'est même le début d'une révolution. 

 

Je me demande pourtant... si, en vous suivant dans vos propos, je ne m'éloigne pas de l'essentiel... N'était-il pas aujourd'hui de protester contre l'interdiction du clip de Raphaël sur M6

 

 

 

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Publié le 16 Septembre 2010

 

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                             Turner, Naufrage d'un cargo, 1833, Gulbenkian, photo (c) Luciamel

 

 

Vous vous demandez pourquoi je n'en parle pas... Vous êtes intrigués par mon mutisme... Mais, sachez, que seul le chant peut rendre ce que nous, Portugais, nous ressentons... J'ai parcouru l'Alfama (le quartier "arabe", au sens historique, de Lisbonne), j'ai cherché une maison de fado, euh... bof ! (je vous le déconseille), j'ai traîné dans le Bairro Alto (bu un verre d'absinthe dans un bar de jazz, y a pas à dire, l'absinthe ça rend poète, ça allège l'âme), et j'ai eu l'impression que j'avais perdu... l'esprit de Lisboa. Touriste parmi les touristes, dans l'ombre de ton âme Lisboa. 

 

 

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                                                        photos (c) Luciamel

 

 

Mais, il ne faut pas la visiter, il ne faut pas la parcourir (car Lisbonne est femme, alors que Paris est homme), pour qu'elle vous touche, pour que votre sang coure comme le Tage, pour que votre sang porte des caravelles, il vous faut la regarder de côté... de loin.

 

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                                                              photos (c) Luciamel

 

 

Ses ponts, celui du 25 avril, avec le Christ à son bout, et  le Vasco de Gama (le plus grand d'Europe, et l'un des plus grands du monde, près de 20 km de long), vous les apercevez au loin. Ses toits rouges, ses trams, dont celui bourré de touristes car tous les guides le mentionnent : le n° 28, celui qui est nommé "prazeres". 

 

Son magnifique musée Gulbenkian (lui l'Arménien, tombé amoureux de Lisbonne, et ayant légué toute sa fortune et ses collections au Portugal), avec en ce moment une magnifique expo de Ana Vidigal, et retraçant dans ses collections permanentes d'art moderne les grands noms de l'art portugais :

 

http://www.cam.gulbenkian.pt/media/files/articles/Ana%20Vidigal/ana_vidigal__Twin_Peaks__2006.jpg 

                                                                 Ana Vidigal 

 

 

 

http://3.bp.blogspot.com/_DqkJRWQzAdI/SxMLNdVIwRI/AAAAAAAAAJY/lBJpQTgcFbw/s1600/Fernando+Lemos+-+alexandre+o'neill+[lavagem+cerebral].jpg

                                   Fernando Lemos (1926) fotografias, auto-retrato.

 

 

http://www.classroom4.eu/Portals/35/Examples/Painting-Auto-Retrato-num-grupo.jpg

                                   Almada Negreiros, Auto-retrato num grupo, 1925. 

 

 

http://www.jayrus.art.br/arquivox/orfeuspam_10/Eduardo_Viana_k4_quadrado_azul.jpg

                                   Eduardo Viana, K4, Quadrado Azul, 1916

 

http://www1.ci.uc.pt/artes/6spp/imagens/carneiro_sinfonia_azul-1.jpg

                                             Antonio Carneiro, Sinfonia azul, 1920. 

 

et, bien sûr, Vieira da Silva (dont il est scandaleux qu'on ne trouve aucun site internet digne de ce nom, à son nom), et la grande Paula Rego (sur qui j'ai déjà écrit plusieurs fois), vivant à Londres, considérée là-bas comme l'un des plus grands peintres du XXe siècle (et XXIe car elle n'est pas morte !). 

 

Pendant que nous le visitions des conservateurs sont venus décrocher quelques Monet... pour l'expo du Grand Palais... 

 

J'y ai tremblé en regardant les Turner, j'y ai vibré devant la Diane de Houdon (pour une fois on représente clairement le sexe d'une femme, sexe qui "jugé trop naturaliste, fut rebouché et martelé en 1829", a priori il semblerait qu'il ait été restauré...).

 

http://media.paperblog.fr/i/68/686199/eros-louvre-orsay-L-3.jpeg

                                                           Diane, Houdon, 1776

 

 

J'ai bu un café au café Brasileira dans la Baixa... avec la statue de Fernando Pessoa... le café y est 2 fois plus cher qu'ailleurs... (c'est là qu'il avait coutume de le prendre). 

 

Alors, de retour à Paris, j'écoute Misia... dans son show aux Bouffes du Nord en 2007 (j'ai eu la chance d'y assister en vrai), Lisboarium. Elle y recherche Pessoa, elle y porte le fado... elle enchante Lisbonne.

 

 

 

*Lisbonne, vieille Lisbonne, mère pauvre, au bord du fleuve. 

 

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Publié le 13 Septembre 2010

 

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                                     photo (c) Luciamel, Le Tage, septembre 2010

 

Quand on s'en revient d'un voyage au loin, au grand loin de soi-même, on n'a plus envie de si promptement remettre ses pas dans les siens... on recherche dans sa vie des trouées vers des moments d'éternité, des portes vers l'intemporel d'on ne sait quelle dimension. 

 

On se voudrait perdu sur l'océan, on se rêve prince, princesse, d'une planète à découvrir. Et puis on remet ses habits du lundi, on sourit aux gens de sa vie antérieure, on les trouve même "charmants"... on se hérisse juste un peu plus dans le métro, les réflexes de défense semblant s'être régénérés, et on s'endort... pas trop tard, pour ne pas être trop fatigué le lendemain**.


 

 

* qu'est-ce qui fait battre notre coeur fortement ?

**heureusement dans peu de temps toutes mes bonnes résolutions, et mes beaux sentiments, seront envolés... et de nouveau je vous en écrirai des tartines de futiles et bonnes choses, car bien ancrées dans nos vies (et j'aurai des cernes d'avoir trop veillé à vous raconter des balivernes) !

 

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