Publié le 23 Novembre 2013

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Photo (c) Luciamel, 26 mai 2013, entre Toulouse et Orléans... côté passager...

 

 

En attendant d'avoir la réponse à l'examen du permis de conduire... que peut-on faire ? ("lettre suivie" qui devrait être déposée dans la boîte aux lettres ce matin, dans une heure... dans 30 minutes peut-être).

 

On se re-repasse le film du parcours, de toutes les erreurs commises, on se demande si à tel endroit (dans le virage, au carrefour, après le feu, en tournant à gauche quand on a mordu sur la chaussée de la route sur sa droite...) c'était éliminatoire... auquel cas c'était après 5 minutes d'examen. Ca voudrait dire qu'ensuite c'était pour du beurre, du pipeau, mais que l'inspecteur a fait comme si de rien n'était (en exagérant tout de même beaucoup les "conseils" de conduite : "passez la troisième, attention au bord de la chaussée, vous allez trop vite, regardez, là, il y a le feu qui est rouge...", mauvais signe tout ça).

 

On écrit un billet... pour relater les affres de cette attente.

 

Déjà cette nuit, des rêves en pagaille avec pour seul thème : l'échec à l'examen. Un vrai cauchemar : la lettre ouverte, avec la mention "refusée", le total des points, 18 (20 sont nécessaires pour le décrocher), la colère "quel sadique, il aurait pu me les donner ces 2 points !"

 

Le soleil brille, il fait froid dehors, comme le jour de l'examen.

 

C'est bien futile tout ça, me dit-on, et sans grande importance quand on traverse une période de deuil. Que nenni, que nenni ! D'ailleurs c'est bien pour eux, qui me regardent (?) de là où ils sont (?) que j'aurais voulu l'avoir cette fois-ci (la 2e). Comme une nique à la mort. Comme un clin d'oeil entre eux et moi. Comme un rire, une joie, qui seraient descendus du ciel.

 

Le destin, je l'ai vérifié moult fois, souvent nous place au bon moment, au bon endroit... Mais on ne le sait qu'après. Cette fois le destin n'a sans doute rien à voir avec l'affaire... juste la vie, dont il faut accepter les hauts et les bas. Et puis, revenir sobrement à la tristesse... du deuil.

 

Alors, je vais remettre en forme le texte, intégrer une chanson (laquelle ?), choisir une photo...

 

La photo, c'est fait. La vidéo, une chanson de Mayra de Andrade, cette belle voix du Cabo Verde ! Elle est en tournée en ce moment.

 

Ce lien youtube Mayra de Andrade donne un bon aperçu de son talent.

 

 

 

         

Je crois qu'il est temps de descendre chercher la "lettre suivie" avec l'annonce... non, je ne serai pas cruelle, je ne vais pas poster le billet sans avoir ouvert la terrible missive.

 

Pause.

 

Le suspense devient insoutenable (pour moi) : la lettre n'est toujours pas arrivée (pourtant elle est partie de Rouen le 21/11/13), en revanche une autre lettre (postée aussi le 21/11/13) m'attendait, en provenance de L'Assurance retraite, avec pour objet "Accusé de réception décès"...

 

"Madame,

Mes services ont bien enregistré le décès de

[nom de mon père]

survenu le 30 octobre 2013.

Je vous prie d'accepter au nom de l'assurance retraite toutes mes condoléances.

[...]

Recevez, Madame, mes sincères salutations.

Le directeur"

 

 

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Photo (c) Simon Gaëtan (blog), le 10/10/2009, tableau de Simon Gaëtan (site), "La lettre", mon portrait, en cours de réalisation.

 

 

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #l'effet papillon

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Publié le 14 Novembre 2013

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Photo (c) Luciamel, Raseira, le 1er novembre 2013, l'olivier était gorgé d'olives cette année.

 

 

Ecrire sur le mystère des mystères,

notre venue au monde

notre disparition du monde.

 

Qu'est-ce que le monde ?

 

Je viens de commencer (par hasard ?) un livre qui s'approche de ce questionnement : celui d'Eric-Emmanuel Schmitt, La secte des Egoïstes, dont la 4e de couverture dit :

 

"Et si la vie n'était qu'un songe ?Et si les nuages, les oiseaux, la Terre et les autres hommes n'étaient que visions de notre esprit ? A Paris, un chercheur découvre par hasard, à la Bibliothèque nationale, l'existence d'un excentrique, Gaspard Lanheunhaert, qui soutint cette philosophie "égoïste" dans les salons du XVIIIe siècle."

 

C'est étrange parce qu'à la mort de mon père, survenue le 30 octobre dernier, j'ai relié sa disparition à la pièce de Fernando Pessoa, Le marin. Trois soeurs veillent le catafalque où repose leur soeur décédée. Elles parlent. Soudain l'une d'elles conçoit l'existence d'un marin... au loin. Elle finit par se demander si tout, et elles, ne serait pas que le fruit d'un rêve, celui de ce marin...

 

Dans la traduction de Bernard Sesé, aux éditions José Corti :

“Pourquoi est-ce que l’unique chose réelle dans tout cela ce ne serait pas le marin, et nous, et tout ce qui est ici, seulement un de ses rêves ?” (p.55)
“Oh, quelle horreur, quelle horreur intime dénoue la voix de notre âme et les sensations de nos pensées et nous fait parler et sentir et penser quand tout en nous demande le silence et le jour et l’inconscience de la vie..." (p.63).
Cinq personnes : Trois Veilleuses, le Marin et “la cinquième personne […] qui tend le bras et nous interrompt chaque fois que nous allons sentir ” – composent ce “drame en âme”.
“Ne sentez-vous pas tout cela comme une araignée qui d’âme en âme nous tisse une toile noire qui nous attrape ?”

 

J'ai veillé moi aussi. J'ai senti moi aussi la présence du marin, au loin. 

 

Pour toi mon père, parti en ta 82e année, ce chant qui dit que c'est la douceur... qui t'a tenu la main, celle d'Elisa sans doute, pour t'aider dans ton dernier voyage. Vous êtes deux maintenant qui de l'autre côté m'aidez à rêver... ma vie.

 

 

 

 

 

Et ce très bel hommage d'Anis à son ami Zé.

 

  

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Ma douce

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