Publié le 18 Août 2011

20110818-006.jpg                                                        photo (c) Luciamel, rue Beaubourg, dimanche 14 août.

 

 

Le temps fait doux près de mon coeur... oh, les anges ont voulu préserver ce quelque chose (la part des anges ?) qui nous fait voir la vie en rose/bleu/violet... Tout doucement s'approcher de cette zone, celle qui nous apparaît lorsque nous faisons de la méditation, celle où les anges volent parfois... celle où l'on aime un autre que soi, où l'on s'aime soi-même tout autant que l'autre (difficile ça, parfois, de s'aimer).

 

Je pars bientôt vers le pays de mon coeur, celui de mon enfance, celui que j'ai quitté... Les veilles de départ me sont douloureuses, ces exils à tout jamais... ces pays où l'on ne revient jamais vraiment, à cause du temps, ça me déchire à chaque fois.

 

Les anges m'accompagnent en ce moment, ma petite soeur leur parle à l'oreille (si tant est que les anges aient des oreilles) pour leur demander de s'occuper de mon sort. Ils m'ont fait de très beaux cadeaux ces mois derniers, je remercie le ciel, le bon Dieu, et eux les anges, car même s'il vaut mieux s'adresser à Dieu plutôt qu'à ses saints... les anges ne sont jamais de trop.

 

Je vous laisse la Seine, je vous laisse mes ipomées, mon basilic... soyez heureux là où vous vivez, sachez que je pense à vous qui avez laissé des commentaires sur mon blog, qui vous êtes fâché avec moi, qui êtes venues au MDB, qui avez twitté avec moi, qui êtes dans mon ciel quoi qu'il en soit (étoiles, lune, soleil, planètes... amis, connaissances, famille).

 

A bientôt sous le ciel de Paris, celui où je vis, celui où je trouve le bonheur ici et maintenant.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Poésies - musiques

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Publié le 12 Août 2011

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                              Photo (c) Luciamel, oeuvre de FKDL, rue Montorgueil, le 12/08/2011

 

 

 

"Il a raison Sarkozy, ça devient intolérable, je suis noir, je vis en France depuis des années, je travaille, d'autres sont obligés de travailler au noir... pour survivre, ces gens-là nous pourrissent la vie, nous devons faire comme à Londres, nous défendre !"

 

Un homme africain de forte stature, est venu à mon secours alors que je me faisais agresser par deux jeunes filles roms à un distributeur de billets, rue de Clichy, à 9h ce matin.

 

Elles m'ont encerclée, m'ont bousculée, ont tapé rapidement le montant maximum sur l'écran, j'ai crié : "Non ! allez-vous-en !". Voyant une grosse liasse de billets sortir du distributeur j'ai paniqué, attrapé l'argent, la carte bancaire, et me suis retournée vers elles : "Partez !". Rien n'y faisait, l'une m'aggripait, l'autre s'apprêtait à saisir son butin. C'est alors que mon sauveur est arrivé, il avait tout vu, accompagné d'une dame en boubou, et de deux "Français" ordinaires, ils ont fait bloc, ont plaqué contre le mur l'une des agresseuses, l'autre ayant été rattrapée par le deuxième homme. Tous sont restés jusqu'à l'arrivée de la police, voulant témoigner, voulant que cela cesse !

 

Une vieille dame est passée au moment où les jeunes filles étaient emmenées menottées dans la voiture de police. Elle a eu pitié : "Oh, les pauvres ! elles volent pour manger". La policière s'est indignée : "Non, Madame, elles ne volent pas pour manger, elles ont beaucoup plus d'argent que vous, elles se font un salaire moyen en une journée". Elle était d'autant plus en colère qu'elle savait que les personnes âgées sont les premières victimes de ces bandes organisées.

 

J'ai fait ma déposition, j'ai porté plainte. L'officier de police m'a expliqué que c'était leur quotidien, en une journée sur le 9e et le 2e arrondissement, il y avait des dizaines d'agressions et d'interpellations chaque jour. Les jeunes étaient relaché(e)s immédiatement et on les retrouvait bien souvent à un autre commissariat quelques heures plus tard. Il se désolait qu'on n'en parle pas dans les journaux, les attaques devant les distributeurs, les vols de smartphones, les attaques de vieux dans les entrées d'immeubles devenant monnaie courante. Il a aussi regretté que la police soit si mal vue... On s'imagine qu'ils sont les "méchants"... qui s'attaquent aux "pauvres"...

 

Pendant que j'attendais pour ma déposition, j'ai vu le "public" du commissariat d'un vendredi matin du mois d'août : un Monsieur souffrant d'Alzheimer ayant oublié où il habitait, une jeune policière s'est évertuée à retrouver dans son carnet d'adresses tous les gens qui auraient pu le connaître, parmi sa famille, ses voisins... elle a finalement réussi à reconstituer le fil de sa vie :

 

"Vous habitez à telle adresse, tous les jours une infirmière vient vous faire une piqûre le soir, lundi prochain une aide à domicile vient vous voir, nous allons vous raccompagner chez vous.

- Chez moi ? mais comment allez-vous faire pour me raccompagner chez moi ? pour ouvrir la porte ?

- Mais vous avez vos clés dans vos poches, et puis maintenant nous savons où vous habitez.

- Ah! c'est bien."

 

Je me dis que je deviens une "vieille conne"... que sans doute ça serait plus gauchement correct de défendre les Roms... envers et contre tout, de s'outrager qu'ils soient expulsés de partout... de suivre Béa quand elle me dit que tous ne sont pas des délinquants... qu'on ne peut pas jeter l'opprobe sur toute une communaute sous prétexte que 50% vivent de la criminalité...

 

Moui... Je vais reprendre le karaté. Et même si c'est mal vu par mes amis de gauche, je vais préférer les fliquettes de la rue de Clichy qui aident les vieux Messieurs à retrouver leur maison aux jeunes-filles venues des pays de l'est qui agressent (lâchement et salement) les vieilles dames (comme moi).

 

Et tout se finit en chansons...

 

Le galérien

 

Je m'souviens, ma mèr' m'aimait
Et je suis aux galères,
Je m'souviens ma mèr' disait
Mais je n'ai pas cru ma mère
Ne traîn' pas dans les ruisseaux
T'bats pas comme un sauvage
T'amuses pas comm' les oiseaux
Ell' me disait d'être sage

J'ai pas tué, j'ai pas volé
J'voulais courir la chance
J'ai pas tué, j'ai pas volé
J'voulais qu'chaqu' jour soit dimanche
Je m'souviens ma mèr' pleurait
Dès qu'je passais la porte
Je m'souviens comme ell'pleurait
Ell' voulait pas que je sorte

Toujours, toujours ell' disait
T'en vas pas chez les filles
Fais donc pas toujours c'qui t'plait
Dans les prisons y a des grilles
J'ai pas tué, j'ai pas volé
Mais j'ai cru Madeleine
J'ai pas tué, j'ai pas volé
J'voulais pas lui fair'de peine

{1ère version:}

Un jour les soldats du roi
T'emmen'ront aux galères
Tu t'en iras trois par trois
Comme ils ont emmn'nés ton père
Tu auras la têt' rasée
On te mettra des chaînes
T'en auras les reins brisés
Et moi j'en mourrai de peine

J'ai pas tué, j'ai pas volé
Mais j'ai pas cru ma mère
Et je m'souviens qu'ell' m'aimait
Pendant qu'je rame aux galères.

{2ème version:}

Je m'souviens ma mèr' disait
Suis pas les bohémiennes
Je m'souviens comme ell' disait
On ramass' les gens qui traînent
Un jour les soldats du roi
T'emmen'ront aux galères
Tu t'en iras trois par trois
Comme ils ont emmn'nés ton père

Tu auras la têt' rasée
On te mettra des chaînes
T'en auras les reins brisés
Et moi j'en mourrai de peine
Toujours, toujours tu ram'ras
Quand tu s'ras aux galères
Toujours toujours tu ram'ras
Tu pens'ras p't'ètre à ta mère

J'ai pas tué, j'ai pas volé
Mais j'ai pas cru ma mère
Et je m'souviens qu'ell' m'aimait
Pendant qu'je rame aux galères.

 

 

 

 

 

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Politique - société

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Publié le 7 Août 2011

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                                                    photo (c) Julien, avril 2011, parc floral

 

 

 

Marie m'a demandé (le 12/09/2010) les paroles de cette chanson que j'avais mentionnée sur un billet d'octobre 2008, Je me souviens d'Ellis Island. Aujourd'hui Christophe M., les cherchant lui aussi, est arrivé chez moi... Internet est merveilleux, le temps et l'espace s'effacent devant nos yeux ébahis. J'ai répondu à Marie (en commentaire du billet), j'ai envoyé un mail à Christophe. Pour vous en exclusivité mondiale : les paroles de "Au bord de la rivière" (chanson apprise à l'école, à la radio, en CM1 ou CM2, en 1970 ou 1971). 

 

 

 

Au bord de la rivière est une pauvre maison,

Dedans sont trois fileuses qui chantent une chanson.

L'une s'appelle Claire, ses cheveux sont tout blonds,

Les deux autres sont brunes, Janeton, Margoton.

 

Le fils du roi qui passe les voit dans la maison :

"Bonjour, belles fileuses, pour qui votre chanson ?".

Elle est pour l'ami Pierre qu'épouse Janeton, 

Et pour le beau Guillaume qu'épouse Margoton.

 

"Emmènerons donc Claire la belle aux cheveux blonds,

lui donnerons un royaume et puis l'épouserons.

- Ne veux point du royaume, j'aime mieux ma maison

Où je file la laine en chantant mes chansons."

 

Au bord de la rivière est une pauvre maison,

dedans sont trois fileuses qui chantent une chanson. 

 


 

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Et puisque les chansons de cette époque semblent avoir du succès, celle-ci, apprise la même année vous fera peut-être voyager :

 

 

Dans la forêt blanche d'Ukraine

glisse une blanche troïka

dans le silence elle promène

petit Boris et Natacha

 

Raconte-nous petite mère,

ce qu'ils ont vu sur le chemin,

raconte-nous petite mère,

jusqu'à demain.

 

Ils rencontrent la zibeline,

le renard bleu et puis le loup.

Si vous allez chez la Tzarine,

voulez-vous nous prendre avec vous ?

 

Raconte-nous, petite mère

ce qu'ils ont dit sur le chemin,

raconte-nous petite mère,

jusqu'à demain.

 

Nous n'allons pas chez la Tzarine,

nous retournons à notre izba,

loup et renard et zibeline

sont montés dans la troïka.

 

Raconte-nous, petite mère

la la la la la la

raconte-nous petite mère,

jusqu'à demain,

jusqu'à demain...

 

 

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Je me souviens...

 

 

 

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #Poésies - musiques

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Publié le 4 Août 2011

20110731-voiture-maison-et-pere-lachaise-005.jpg             voiture garée rue des Blancs Manteaux depuis plusieurs semaines, photo (c) Luciamel, juillet 2011.

 

 

 

Alors, je vous explique, et puis après je vous raconte ma vie... Je n'ai pas bien compris le Jegounotron de ce mois de fin juillet/début août  (dans la blogosphère et les classements Wikio, et autre, le temps passe d'une façon différente). Pourquoi tant de gens me citent-ils ? Je n'ai posté que très peu de billets et très peu commenté chez les copains, déjà en juin (d'où la chute au Wikio), puis en juillet.

 

Après consultation de quelques blogs, je comprends que je fais partie d'une liste de gens tagués. J'adore les tags. Dommage que je n'aie pas le temps de répondre à tous. L'origine de tout ça semble être Lolobobo et Euterpe.

 

Je résume :

 

- Donner son tube de l'été (je ne sais si j'ai été taguée directement par Lolobobo, ou si c'est Lyonnitude(s) qui m'a citée);

 

- Dire quelle femme de la Renaissance (XVIe) je serais (pour Euterpe);

 

- Noter les agences de notation (Je n'ai rien à dire ! Et alors ??).

 

 

Commençons par ce qui fâche : l'économie, la GRANDE crise mondiale, et les requins qui envahissent Saint Tropez. Voilà ma réponse à Je n'ai rien à dire ! Et alors ?? : les requins mangent là où il y a à manger...

 

********************************

 

Ensuite, la femme de la Renaissance que j'aurais pu être... (si l'on croit à la réincarnation).

 

Peut-être Dinamene la dernière compagne de Luis de Camões, elle à qui il écrivit ses plus beaux poèmes :

 

 

Aquela cativa / Cette Captive  :

 

Aquela cativa,

que me tem cativo,

porque nela vivo

já não quer que viva.

Eu nunca vi rosa

em suaves molhos,

que para meus olhos

fosse mais fermosa.

Nem no campo flores,

nem no céu estrelas,

me parecem belas

como os meus amores.

(...)

           * * *

 

Cette captive

qui me tient captif,

car en elle je vis

ne veut plus que je vive.

Jamais je ne vis rose

en doux bouquets,

qui à mes yeux

fût plus jolie.

Ni dans les champs fleurs,

ni dans le ciel étoiles,

ne me semblent aussi belles

que mes amours.

 

**************************

 

 

Amor é fogo que arde sem se ver...

Amor é fogo que arde sem se ver;
É ferida que dói e não se sente;
É um contentamento descontente;
É dor que desatina sem doer;

É um não querer mais que bem querer;
É solitário andar por entre a gente;
É nunca contentar-se de contente;
É cuidar que se ganha em se perder;

É querer estar preso por vontade;
É servir a quem vence, o vencedor;
É ter com quem nos mata lealdade.

Mas como causar pode seu favor
Nos corações humanos amizade,
Se tão contrário a si é o mesmo Amor ?

 

                               * * *

 

L'amour est un feu qui brûle sans qu'on le voie;

Il est blessure douloureuse qu'on ne sent pas;

Il est une satisfaction insatisfaite;

Il est une douleur folle qui ne fait pas souffrir;

 

Il est un ne pas vouloir plus que vouloir bien;

Il est la solitude au milieu des gens;

Il est l'insatisfaction du contentement;

Il est la croyance qu'on gagne en se perdant;

 

Il est le vouloir être prisonnier volontairement;

Il est servir celui qui vainc, le vainqueur;

Il est être loyal avec celui qui nous tue.

 

Mais comment dans le coeur des humains

Sa faveur peut-elle faire naître l'amitié,

S'il est si contraire à lui-même, l'Amour ?

 

 

traductions (c) Luciamel

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Pourquoi elle, pourquoi lui ? lui, un aventurier, un Indiana Jones portugais... l'un des plus grands poètes du XVIe siècle, lui qu'on compare à Virgile, Dante, et Shakespeare, parti sur les traces des découvreurs, enfermé dans une grotte à Macao (car il avait osé écrire une satire du vice-roi), où il rédigea les Lusiades. Revenant au pays il fit naufrage, il put sauver son manuscrit des flots, mais perdit dans la tempête Dinamene, son adorée.

 

Elle n'était personne, il mourut miséreux dans un hôpital près de Lisbonne, il représente l'un des noms les plus importants de la littérature portugaise, et une référence essentielle pour la littérature mondiale, elle est aujourd'hui, grâce à ses poèmes à lui, plus vivante que les plus illustres dames du XVIe siècle.

 

 

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Pour terminer, mon tube de l'été... un poème de Luis de Camoes, chanté par la sublime Ana Moura... 

 

 

 

   
Je vous raconterai ma vie une autre fois...

Et merci à tous ceux qui m'ont citée en juillet (smile) :
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Rédigé par Luciamel

Publié dans #blogs et blogueurs

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