Publié le 30 Septembre 2008

Rien lu d'elle, même pas Bonjour tristesse, mais Aimez-vous Brahms ? me plaît mieux, le titre... Comme vous, peut-être, je viens de voir le film sur F2... quelle découverte, et Sylvie Testud, splendide dans la retenue. Quelle leçon de vie, quelle aventure, quelle liberté, je l'admire a posteriori cette femme. Et puis la relation à l'écriture, oui, finalement, elle a tant exploré. Femme libre, femme éperdue de liberté.

Alors, pour répondre à Clarence qui regrettait de ne pas avoir vu de symbole flagrant de l'Amérique dans mon mini-reportage sur New York, je voudrais relever ceci : cet homme déjà photographié, enlaçant mon amie J., et nous contant si simplement son amour de la littérature, de la poésie, "Le Bateau ivre et Rimbaud, nous disait-il, c'est un Français, le connaissez-vous ?".

L'Amérique c'est Donald Green, vendant à la criée ses poèmes près de Soho, venu de sa banlieue, en métro, traînant son caddie et, à la différence de Françoise Sagan, sobre et pauvre, mais tout aussi libre et "fou de littérature"  et au même génie littéraire.





Il n'a sans doute pas le talent, ou la chance, la naissance... de Françoise, il en a la flamme, en tout cas.

Et puis pour compléter le portrait de New York, ce que la ville a symbolisé pour moi, quelques images, non pas Wall Street, car ça c'est une abstraction, mais quelques idéaux ou idées "force".

                                                                    L'ONU à New York



                                                         L'ONU sur la première avenue



                                                                  Ses gardes...



                                                           Son Empire State...




                                                             Son havre de paix




                                                                        Sa gastronomie



                                                                Ses valeurs




                                                              Ses poètes...

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 29 Septembre 2008

Mais comment, ne dis-tu rien de l'émerveillement ? N'as-tu rien vu en Amérique qui vaille la peine ? qui t'ait transportée au-delà de tout...

Bien sûr, j'ai cherché Woody Allen sur la 5e Avenue, j'ai vu sortir d'un collège super chic, des petites filles en jupe plissée, attendues par leur nurse en bas de l'escalier. J'y ai admiré l'architecture du Guggenheim, J. s'est faufilée dans le "tire-bouchon" intérieur du musée, où se tenait l'expo sur Louise Bourgeois, j'ai préféré l'attendre à l'extérieur.

Le soleil nous a accompagnées toute la semaine, à l'exception du dernier jour qui a vu un ouragan se lever sur la ville...

 



Brooklyn, à la recherche des petites maisons rouges du passé... J. s'en souvenait bien, mais où étaient-elles ces petites maisons rouges ? Après le pont, dans le parc Cadman Plaza, une dame noire questionnée n'avait pas la moindre idée de ce que nous voulions dire... les petites maisons... ça lui semblait incongru. On les a quand même trouvées ! à deux pas de là...



Sur la 6e avenue, celle dite des Amériques, j'ai appris à prononcer le nom du Village : "grèniche", et de Houston (hauston). J'ai vu le resto pour les enfants : Jekyll and Hyde (très coté par les ados, d'après la dame du New Jersey rencontrée dans le bus). Et Columbus Circle, là où Oliveira s'était posé pour son film.


On a vu Harlem, et ses stands pro-Obama, on a mangé de la "soul food" avec les habitants du lieu. Pas fait de photos à Harlem, comme à Ground Zero, ou Ellis Island... les impressions ne pouvaient se traduire en images (je les garde en moi).

J'ai retenu le côté "bon enfant", la bienveillance de la plupart des gens croisés, je dirai que New York m'a semblé un immense village... Toutefois, à la Tour Rockfeller, et dans le premier "deli" où nous avons essayé de commander un "bagel" (notre prononciation était à ch...), nous avons pu voir l'impatience des natifs, leur irritabilité face à notre "english" et face à nos interrogations de "Frenchies"... un peu plus et on se faisait jeter. Restez dans le moule "folks" !

Le retour par le pont de Brooklyn, quelle merveille ! rien que pour ça il faut aller à New York. A la sortie du pont, ces immeubles si... flagrants.



On a mis un certain temps à trouver un café (ils ont un déficit de ce côté là, flagrant lui aussi...), ouf, enfin, on peut se poser et déguster un "expresso" (J. a goûté une limonade à la menthe glacée).



Little Italy, le Routard vous le dit, le quartier a été bouffé par Chinatown, Soho et Nolita quelle fraîcheur ! c'est là où on comprend que nous Français sommes d'un prétentieux avec notre Marais, notre 19e même, notre branchitude, nos "artistes"... ici, vous vous sentez en province, à la campagne, comme si d'être connu, ou artiste, n'était pas plus que d'être... vendeur de cacahuètes. Pour ça, bravo les Ricains !




Et les poètes rencontrés dans la rue, lui, ici qui vendait ses poèmes... il est sur youtube, il a des articles dans les journaux, il parle si bien... J. a quand même été gênée d'être serrée de si près pour la photo.




Chelsea, et le super resto payé par nos amis américains... Gramercy Tavern, 42 East 20... Gramercy chers amis. Ca c'est américain, jamais ô grand jamais, un Français friqué ne se serait "abaissé" à inviter ses profs dans un resto de cette classe-là.






Alors, les Amerloques, je vous le dis : vous êtes la survivance du Nouveau Monde.



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Rédigé par Luciamel

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Publié le 28 Septembre 2008

Vous dire, avant que l'impression ne meure, ce que fut Ellis Island, et la Statue de la Liberté...

A l'arrivée dans l'appart', 16e étage (en fait 15e car, par superstition, le 13e a disparu), à Greenwich village (prononcez Grèniche). Orientation Ouest ça :







et Est ça :




Le choc ! à l'arrivée, dans la nuit, dans les oreilles Gershwin sur les images de Woody Allen. La lune apparaissait entre l'Empire State Building et la Tour Chrysler. Y a pas, mon cher Clarence, je te donne raison, le luxe, quelle élégance ! (mais s'agit pas de tomber du mauvais côté de la pièce), merci à ceux à qui la vie l'a offert d'en avoir fait profiter si généreusement, deux malheureuses frenchies, profs de french, que dis-je, formatrices ! C'est peut-être ça être de gauche aujourd'hui, être plein aux as et le partager avec les autres.

Au matin, 6h30, le silence revient sur Manhattan, on n'entend plus que le chant des oiseaux et la soufflerie d'un immeuble en face; au lever du jour, tout le monde se tait ! La nuit fut lumineuse et bruyante : samedi soir, ça cause dans la ville ! C'est le moment de découvrir tous ces toits d'immeubles du Village, avec de belles terrasses aménagées : certains se la coulent douce à NYC.








Ca y est je suis dans le rêve !

Dimanche : visite de Central Park, tour de la ville à pied. Persistance de cette impression d'un monde conçu pour des enfants (un immense Disney World). Candeur et douceur de ses habitants.

Lundi : Manhattan sud ! Ellis Island et d'abord la Statue au nom français : Liberty. Tiens, quand ils étaient fâchés avec nous, ils ne l'ont pas rebaptisée : Statue of freedom...

Comme les "freedom fries", la "Freedom Tower" devra remplacer les Twin Towers et symbolisera en tant que "tour forteresse" la vulnérabilité et le repli sur soi du peuple sans passé. Près du Ground Zero, un couple de Japonais. Oui, en voyant cet énorme trou, on ne peut s'empêcher de songer à Hiroshima, en se disant que c'était un million de fois pire, Hiroshima... J. me raconte sa visite au mémorial japonais et la dispute à laquelle elle a assisté : entre un Américain et une Japonaise, lui s'obstinant "non, je ne demanderai pas pardon", elle répétant, les larmes aux yeux, "vous devez demander pardon".  Pas de photos. Trop d'horreur en ce lieu.

La statue, on en a fait le tour, et je puis vous dire qu'elle est belle, ô mortels, la Liberty !





 
Mais pour l'atteindre que d'humiliations encore. Le bétail que nous sommes, "folks !" , devait faire vite, s'engoufrer dans le ferry, sortir du ferry, faire le tour, vite fait bien fait, et repartir vers Ellis Island... l'île où les ancêtres de la plupart des Américains sont passés.

Ellis Island, c'est un chapitre en soi, il faudra revenir dessus, je n'y ai fait aucune photo, tant cela m'a choquée. J'ai vu sur mon Guide du Routard que
Georges Pérec avait écrit quelque chose sur le sujet... j'en reparlerai sûrement. C'est une sorte de camp de concentration "soft"... les émigrants étaient traités comme des bestiaux... avant de pouvoir rejoindre l'Eldorado, leur terre promise...















Et
Souchon dans tout ça ? non, rien... juste que de l'avoir lu ce matin, son interview dans Telerama où il parle de sa fidélité à sa femme, où il regrette nos illusions perdues de mai 68... et le "grand truc libéral" qu'il craint. Et ben ça me fait chaud au coeur, et en plus, en prime, dans le même numéro, j'apprends que Gérard Manset sort un nouveau disque génial, je découvre que Van Gogh avait un maître... Bref, je suis heureuse d'être en France, d'être française (si, si...) et de vous aimer vous les Frenchies !!!

 

  


Gérard Manset - Royaume de Siam

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 27 Septembre 2008

 

 

Dans toute histoire il y a une fin, celui qui la raconte forcément se tient à un bout... car l'histoire n'a de sens que pour lui, et pour ceux qui l'écoutent. Je vous dirai donc tout d'abord la fin de ce voyage, puis je le reprendrai à ses débuts, quand je m'envolai pour New York.

Samedi 27 septembre, Roissy Charles de Gaulle, ça râle dans la queue vers le contrôle douane, et qui râle ? je vous le donne en mille... deux Français, et en re-mille je parie que ce sont des profs, ou des fonctionnaires ! Les employés des douanes sont souriants, prêts à plaisanter même... tiens, on a quitté les States, ça sourit, bienvenue à Paris ! J'adore rentrer, j'aime voyager, découvrir, m'envoler, m'enfuir, mais rien ne vaut le retour, la sensation de rentrer au pays. A chaque fois je repense à ma grand-mère Custodia, si étonnée que je sois partie vers d'autres contrées,
"tu vois, moi je n'y suis jamais allée dans ces pays étrangers, et je me demande finalement à quoi ça sert, on naît, on meurt, sur la terre de notre Seigneur, pourquoi se perdre et s'éloigner de ce qu'on est, après tout, à quoi ça sert de s'en aller ?"

Nuit plus courte au retour, nous parcourons en sens inverse la course du soleil (oui, je sais, la rotation de la Terre), nous le rattrapons car à 1h30 du matin (milieu de la nuit à New York) il est déjà 7h30 à Paris. Nous sommes simplement allés vers le futur, qui vraiment s'en aperçoit ?

Retour du Nouveau Monde, je dirai ce qu'il a été... retour au vieux monde... quel soulagement ! 


                                             Roissy Charles de Gaulle


Retrouver mes marques, acheter Le Monde : hein ? c'est la fin du monde aux Etats Unis ? et nous qui n'avions rien vu... Faillite bancaire, réunion au sommet : Bush, Obama, McCain à la Maison Blanche, plan de sauvetage du système bancaire, de l'économie américaine... euh... pardon, j'étais en vacances près de Wall Street, à deux pas de là... j'ai rien su de tout ça. 
 

Comment ? Sarkozy joue à Spiderman à Toulon ? il a voulu faire de la varappe sur le mont Faro...

Bon, comment tout cela a-t-il commencé ?

Samedi dernier, le 20 septembre, départ de Roissy : interrogatoire, regards et questions soupçonneuses de l'agent d'American Airlines, tout à coup je me suis demandé si vraiment je n'avais rien à cacher...

Dans l'avion déjà un peu d'Amérique, avec les stewards et les hôtesses : pas de doute, ils ne sont pas français, plus calmes, plus posés, moins souriants aussi.

A l'atterrissage, voix lénifiante du commandant nous annonçant une avarie de "quelque chose", nous devrions être remorqués, mais "don't worry, no problem !" Les hauts-parleurs en cabine diffusent de la musique exclusivement, of course, américaine, avec Cyndi Lauper reprise en choeur par les deux Latinos assises derrière moi : "time after time".

A la douane, le traditionnel questionnaire (cf. la scène du film d'Oliveira, Christophe Colomb, l'énigme, où les deux protagonistes se font interroger en 1945 ou 47 à Long Island, l'un d'eux se faisant confisquer ses partitions de musique, des compositions originales, sous prétexte qu'elles pourraient contenir des messages codés...) agrémenté de systèmes électroniques bien plus sophistiqués permettant de ficher tout nouvel arrivant, empreintes digitales des dix doigts, et photo numérisée. Sous peu sur la planète entière : l'humanité sera tracée et fichée dans le Grand Ordinateur. 

N'oublions pas que nous arrivons au pays qui est un monde à lui tout seul, Nouveau il le fut, le Centre il l'est devenu, du Monde qu'il dit Libre.

C'est précisément ce que dénonce le président de la CNIL, Alex Türk, estimant que le fichier Edvige, contre les abus duquel il s'était néanmoins prononcé, était de la gnognotte auprès de ce qui nous menace : la traçabilité de chaque humain électroniquement, et numériquement (carte bleue, téléphones portables, internet, blogs...) : tout concourt à nous traiter comme du bétail et à limiter notre liberté.

Ici, à Roissy-American Airlines et JFK, c'est déjà comme un ennemi ou un criminel potentiel qu'on vous considère.

Quand j'ai dû apposer mes pouces, puis les autres quatre phalanges de chaque main sur ce boîtier électronique, relié au Grand Ordinateur, j'ai presque regretté d'être venue au pays de la "liberté" (avec en prime ma tronche numérisée pour l'éternité...). Mes premières "freedom fries", ai-je pensé, sont dures à avaler.

Pourtant, c'est pour toi que j'avais traversé l'Atlantique... 


                                                        Liberty...





Découvrez Cyndi Lauper!



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Rédigé par Luciamel

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Publié le 27 Septembre 2008

Avant de vous en confier plus, car, en effet, le Nouveau Monde était peut-être là-bas, et l'on assiste probablement à son effondrement... voici la preuve que j'y étais : 


                                                                               Brooklyn Bridge


                                                           Derrière, c'est Manhattan Bridge


                                                                                    Lucia à New York

 

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 19 Septembre 2008

Regardez ce clip, vous comprendrez l'émotion qui va me saisir à 20h (2h du matin à Paris) demain.

Oui, je sais ça va vous sembler banal (vous les "bobos" du Net...) vous êtes blasés (il n'est qu'à voir tous les blogs centrés sur New York, tout le monde va à New York, tout le monde connaît New York...). Bon, je vais encore faire ma plouc, c'est la première fois que j'y vais, non, je ne vais pas aller dans tous les bars, les musées, les quartiers branchés, en une semaine, je vais juste me contenter d'encaisser le choc...

Vous verrez bien... si tel est votre bon vouloir que de venir me rendre visite (merci ! car ça me fait très plaisir).

A vous revoir, bientôt.

Lucia in the sky (bon, là, il faut quand même, que je m'occupe de ma valise...).




Manhattan - Woody Allen

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Rédigé par Luciamel

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Publié le 18 Septembre 2008

                                                      J.Miro - Intérieur hollandais


...qu'il était un voleur, un vampire... il s'est ainsi nourri de ses maîtres (d'où le titre de l'expo qui lui sera consacrée à partir du 8 octobre au Grand Palais). Il est étonnant pour les profanes, les incultes comme moi, de revérifier, grâce à un article "tout bête" de Telerama, les jeux, les dialogues qui relient les oeuvres les unes aux autres. C'est avec J. Miro, Intérieur hollandais, et H. Sorgh, Le joueur de luth, que pour la première fois j'éprouvai cette émotion : lorsque je vis ces deux tableaux mis côte à côte dans un manuel de FLE, français langue étrangère, de niveau élémentaire, avec comme titre de la leçon "Aimez-vous l'art moderne?", on s'y référait par ailleurs au Portrait de Jacques de La Villeglé, d'Arman, et à l'exposition d'Yves Klein sur Le vide. En essayant d'amener mes élèves à la perception (avec les moyens du bord qui étaient les nôtres... tant du point de vue linguistique, qu'artistique) de cette similarité dans la dissemblance, j'ai moi-même été initiée à l'art de la "modernité".



                                                           Jacques de La Villeglé


Déjà adolescente, j'aimais aller à la bibliothèque feuilleter ces livres si beaux et si luxueux, dits livres d'art, qui jamais n'auraient pu arriver jusque chez moi. J'y passais mes heures de "permanence", consacrées à regarder les reproductions des tableaux, de toutes les époques, sans discernement, car tout était bon à ma "voracité". Je restais là à méditer devant toute cette beauté, sans a priori, sans obligation, sans devoir, juste comme une enfant, un primitif, qui découvre un monde nouveau.

Que m'en est-il resté ? pas grand chose, si j'en crois mon peu de goût pour la fréquentation des musées et des expositions qu'il faut absolument avoir vues... J'ai travaillé quelque temps dans une agence de pub, je les voyais "faire" les expos, comme l'été ils "faisaient" tel ou tel pays... De quoi vous dégoûter de l'art et des voyages. Etudiante, j'aimais à passer des heures au Louvre, dans une salle au hasard, sur un banc, devant un tableau... Le musée de Cluny aussi m'a émerveillée, celui de Rodin... Bien sûr L'Orangerie. A Lisbonne, la Gulbenkian... Mais quand je suis allée à Londres (une seule journée) je n'ai voulu visiter aucun musée, j'ai préféré flâner, marcher, humer l'air, regarder la vie telle qu'elle s'organise à cet endroit-là de l'univers.

A Central Park, j'irai sûrement faire un tour au Met (Metropolitan Museum of Art), et le MoMa (Museum of Modern Art) me semble incontournable, sauf si... la vie est plus forte et m'emmène au-delà.

Mais, quelle abeille me pique ce soir, à vous parler d'art, de musées et de peinture ?

Ben, figurez-vous, que je viens de faire la rencontre (en chair et en os) d'un blogueur peintre... vous le connaissez déjà, il a laissé des commentaires ici, Simon Gaetan, pour les habitués. On a bu un pot (deux même, qu'il m'a fort galamment offerts !) et on a devisé tranquillement sur l'art, la politique, la religion, le mysticisme, le bien, le mal, Jung, J.Y. Leloup, et, naturellement, les blogs, mais si peu... Jusqu'à présent je n'avais rencontré que deux blogueurs "hors champ" (un et une), et je dois dire que ça m'avait semblé sympa, sans doute, mais pas pleinement "réussi" (pour diverses raisons). Ce soir, je suis heureuse d'avoir contacté un humain aussi charmant et même plus qu'il ne l'est sur son blog, bien plus mignon (attention, je ne le drague pas ! il est marié et pratiquant !) que sur ses auto-portraits. Bref, je suis bien contente de mon pot à "La tartine"...

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #émotions artistiques

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Publié le 16 Septembre 2008

                            http://www.janantoon.be/images/saramagopilar.jpg


Je viens d'apprendre par celui de Pierre Assouline que José Saramago avait créé son blog.  Quelle bonne nouvelle ! Bon, si vous ne lisez ni le portugais, ni l'espagnol, ni l'anglais... vous serez pénalisés, autrement, jetez-vous-y, car nous apprendrons certainement beaucoup de ce cher maître en littérature.

Peut-être, déjà, à redonner envie à certains blogueurs de revoir leur conception de l'expression écrite... et de l'engagement en politique. En effet, beaucoup confondent souvent "esprit critique", "liberté d'expression", voire pensée de "gauche" et éructations, insultes gratuites (plus c'est bas, surtout à l'égard des femmes... mieux ça vend leur "post", pensent-ils). Ils ont assimilé intelligence et dénigrement, c'est sans doute leur lecture des philosophes des Lumières qui est mal intégrée... Ils supposent qu'à démolir l'autre on se place toujours au-dessus de lui. Ils se situent eux dans cette lignée bien française, bien souveraine, de la satire qui toujours cherchera à ridiculiser l'autre (élitisme où vas-tu te nicher ?). En cela, je leur donne tort.

Ils ne servent pas les causes qu'ils veulent défendre. A se ruer tels des chacals affamés (ou en rut) sur Sarah Palin, ils ne feront pas comprendre (à part à leur meute et à leurs favoris) ce pourquoi la moitié de l'Amérique se reconnaît en elle.

Dénigrez, insultez, il en restera toujours quelque chose... telle est leur philosophie.

Mais la pensée, l'opinion, les civilisations, les gens ne suivent pas cette logique-là. La réalité est bien plus complexe, elle demande à être appréhendée avec modestie... avec méthode et discernement. Ca fait 6 ans que le PS, et la gauche en général, se fourvoie... (à cause de ses élites, et de ses "pseudos intellos" coupés de la base).

Vous les reconnaîtrez facilement, sur leurs blogs on parle de trolls, on s'amuse à celui qui sera le plus méchant avec les contrevenants aux règles du sérail, on se gausse sans fin, réjoui des humiliations qu'on a pu leur faire subir... (dans un certain milieu se voulant "intellectuel" ça se nomme "avoir de l'esprit"), ils supposent qu'ils dialoguent, ils ne font que s'auto-congratuler... et suppriment, le cas échéant, les commentaires pouvant être gênants, alors qu'il leur suffirait de les fermer les commentaires, mais non, car ils ont besoin d'être glorifiés...

Quel intérêt, me direz-vous, à, même, encore savoir qu'ils existent ?

C'est que sans doute à un certain moment vous les avez admirés, ainsi que leur habileté à manier la plume, leur vivacité d'esprit... avant de regretter qu'elles soient mises au service du mépris de l'autre, et parce que toujours leur attitude vous semblera une énigme.
 
Alors, oui, un écrivain de l'envergure de Saramago vous apaisera et vous redonnera goût au monde des "lettres" à chaque fois que, par mégarde, vous aurez lu ces petitesses écrites sur vous ou sur d'autres, par ces petits maîtres.

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Rédigé par Luciamel

Publié dans #blogs et blogueurs

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Publié le 15 Septembre 2008

Certains font le tour du monde (Magellan, il était portugais bien qu'au service des Espagnols, mais après tout quelle importance ?), d'autres rejoignent l'Amérique (Christophe Colon, qui, suivant la thèse reprise par Oliveira dans son dernier film, pourrait être portugais, mais quelle importance ?), d'autres encore vont aux Indes (Vasco de Gama, il était... mais quelle importance ?), ou au Japon, en Chine... mais quelle importance ?

Nous (pas les Portugais !) sommes allés sur la lune... mais...

Le monde reste à découvrir. Celui de l'autre, lui et son univers si différent du nôtre. Notre voisin de palier par exemple.




C'est Clarence en expédition chez Lolo, rat des villes et rat des champs, mais surtout, l'histoire de deux mecs qui se sont rencontrés pour de vrai. Quelle aventure !

Je viens de rentrer de ma séance de cinéma, Christophe Colomb, l'énigme, on a un peu discuté après avec A. ("luso descendant" comme moi, et je sais qu'il n'aime pas cette "appellation d'origine contrôlée"...) : on s'est demandé si on devait le prendre au premier degré ce cher Oliveira. Bon, tout dans le film semble nous indiquer une sorte de jeu, de théâtralisation exagérée qui nous paraissait comme un clin d'oeil, un jeu de miroirs (tous les plans sont des tableaux, des mise-en-scènes étudiées, des cadres, des poses de nous face à notre passé - ça c'est surtout la perception d'A., la mienne restant dans l'entre-deux, Oliveira ne se prend pas au sérieux, mais il y croit quand même). J'ai aimé la coïncidence de cette arrivée à New York des immigrants après la seconde guerre, de l'apologie de la Liberté, à l'accueil de tous les proscrits, les bannis (aujourd'hui... faut quand même montrer patte blanche pour y entrer aux States, t'as intérêt à pas être contaminé ni par le Sida, ni par le communisme (ah bon, ça n'existe plus ?), ni par...).

Coïncidence avec ma prochaine découverte de l'Amérique ! Moi, qui, depuis de longues années en rêve, ai habité dans un immeuble aux briques rouges (de Greenwich village peut-être), ai parcouru les rues de cette ville à la recherche de la statue de la Liberté (ben oui, elle est sur une île, pas étonnant que dans mon rêve ce fût difficile d'y arriver...), y ai pris le métro, le train qui menait à la banlieue, qui ai rêvé que ce n'était pas un rêve et que j'y étais vraiment arrivée... et voici un an (mon dernier rêve de New York) me suis vue au bord de l'Océan, à contempler cette eau dont l'aspect vivant me fascinait, me disant que ses molécules étaient celles qui baignaient la terre qui m'avait vue naître (à la même latitude exactement) juste de l'autre côté. Souvent je l'ai vu se coucher le soleil sur mon horizon portugais, près d'Aveiro, en me disant que là-bas juste au bout de mon regard, c'était New York.

Ce matin, un étudiant génois me confirmait que plus personne dans sa ville ne croyait que Colomb en était originaire. Le monde est petit me suis-je dit... (je savais que j'allais voir le film).

Ce soir, moi installée derrière mon écran interplanétaire, qui m'ouvre sur le web, sur le world, sur... la nouvelle dimension, l'ultra-communication, j'entends toquer à ma porte.

Depuis quelque temps sur ma porte de drôles de choses apparaissaient... D'abord une pochette en plastique skotchée avec des biscuits dedans... (la même pochette sur toutes les portes de la cage d'escalier, une pub, ai-je pensé). Puis un mot sur un post-it, "si vous voulez, j'ai de la tarte, c'est juste à côté", le même mot sur la porte face à la mienne...

Je me dis, l'ayant entendue avant d'aller au cinéma, que c'était ma voisine portugaise (oui, Paris est la deuxième capitale du Portugal) qui voulait me saluer... Euh, je me recoiffe ? non, pas la peine, j'ouvre direct, petit haut super décolleté (je suis décontractée à la maison) sur pantalon relax, genre caleçon long.

En face, un petit jeune homme tout timide.

- Bonsoir, je suis votre voisin.
- Ah, c'est vous qui m'avez laissé un mot l'autre jour ?
- Oui, je parle pas beaucoup français...
- Ah, c'est drôle moi je suis prof de français pour étrangers. (je souris ayant le sentiment d'avoir dit quelque chose de TRES amusant).

(sourire du jeune homme un peu "ben, tant mieux, mais là j'essaie juste de communiquer et de te transmettre un message simple, pas besoin d'épiloguer...").

- Voilà, je suis étudiant au Cordon bleu.
 
(il me tend un sac plastique, comme celui que j'avais jeté croyant que c'était une m...* industrielle, avec une part de gâteau, fait par ses petites mains...)

- C'est vous qui aviez laissé le sac sur la porte avec les petits gâteaux ?
- Oui, j'ai toujours beaucoup de choses à manger, alors n'hésitez pas à venir frapper à ma porte, je pourrai vous en donner (j'ai transcrit son "français").
- Oh, merci beaucoup ! (soudain, une intuition !). Mais vous venez de quel pays ?
- Je suis américain.
- Oh, comme c'est amusant ! je pars justement samedi pour New York... mais vous êtes là pour longtemps ?
- Ah, mes cousins habitent New York. (même sourire : "euh, tu vas pas me raconter ta vie, non plus, je suis juste venu pour établir le contact, et c'est comme ça qu'on fait dans mon pays quand on arrive dans un immeuble on se fait connaître de ses voisins").
- Ah, c'est amusant... merci beaucoup en tout cas pour le gâteau. Bonsoir.
- Bonsoir.

Les différences culturelles. Aller vers le nouveau monde, celui qui est juste sur votre palier. Découvrir l'autre, cet univers si différent, lui parler (essayer tout du moins). Ben, nous Portugais... euh, mais quelle importance ?

Il s'appelle Steve, moi c'est ... lui ai-je répondu.



Christophe Colomb, l'énigme - Manoel de Oliveira


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Rédigé par Luciamel

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Publié le 12 Septembre 2008

Je l'avais découvert dans le précédent film de Christophe Honoré, et déjà il m'avait fascinée, sa voix m'avait semblé si veloutée, si bouleversante... son personnage fragile et déchiré, et pourtant si entier... Non, je ne vais pas vous faire la énième apologie de Louis Garrel !

Là encore, dans La belle personne, c'est sa voix... qui m'a enchantée, et, comment vous dire... même si son personnage semblait falot, c'est bien sa prestation que j'ai retenue. 


Les chansons d'amour - As-tu déjà aimé ?


Et, déjà pour les Les chansons d'amour il m'avait bluffée, perché sur le rebord de son balcon, à chanter sa romance à son amoureux !!!

Là, face à Nemours, et à la princesse de Clèves... il est Otto, celui qui sera éconduit, malheureux en amour, c'est pas lui le joli coeur, le beau Narcisse c'est Louis Garrel... dans Les chansons d'amour il était ce jeune homme homosexuel... dont s'amourachait épisodiquement le jeune Garrel (le bel Hidalgo, la "belle gueule", le bourreau des coeurs).


Je le trouve vraiment très craquant Grégoire (sa voix surtout), et puis son suicide (enfin, celui du prince de Clèves) : quelle classe ! quelle claque aussi pour les deux petits pervers narcissiques que sont Junie et Nemours... et qui ne s'en remettront pas vraiment... Grégoire Leprince-Ringuet (quel nom !!!).

Sauf que dans la vie réelle... les princes ne se suicident pas, ils se retirent du devant de la scène, et en vrai les Junie et les Nemours se marient et s'installent à l'Elysée... où ils reçoivent le pape...

 

La belle personne


"Comme la nuit nous manque, parfois comme elle tarde à venir...", chante Otto avant de se tuer.


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Rédigé par Luciamel

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