Beyond therapy... aux "bouchons"

Publié le 26 Février 2008

Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître... Paris en ce temps-là avait ce lieu-là...

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Il y a vingt ans, à cet endroit, rue des Halles, se trouvait un restaurant... Les bouchons, lieu magique où nous allions le dimanche midi découvrir cette nouvelle mode arrivée des Etats-Unis, le brunch, et où le soir nous nous attardions parfois pour écouter des standards de jazz chantés par de délicieuses jeunes femmes, sobrement accompagnées au piano.

Nous, et notre insouciance de 20, 25 ans... Nous étudiants fauchés, nous jeunes en quête de liberté, de beauté, d'allégresse, nous qui rêvions de conquérir la vie...

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Quel intérêt y a-t-il à se retourner sur ce passé-là ? me direz-vous... Aucun, si ce n'est celui de rappeler le souvenir d'une époque, d'une légèreté perdue, transformée en plomb, celui des années Sida... 

A partir de 1987, rien ne fut plus tout à fait pareil. Amis, proches, contaminés; la lutte que nous dûmes mener ! celle des premières années... véritable athanor dans lequel nous  fûmes plongés, et qui pour beaucoup ne transmua pas le plomb en or... ils nous quittèrent avant.

Tout cela m'est revenu au milieu de la nuit  avec, allez savoir pourquoi,  le nom de ce film d'Altman de 1987, Beyond Therapy. Je l'avais vu à sa sortie avec beaucoup d'amusement, car, contrairement à la synopsis qui en situe l'action en partie dans un restaurant français de New York, il avait été tourné à Paris et aux Bouchons. Ce fut un échec commercial retentissant, et la critique fut loin d'être élogieuse, mais pour nous il avait le goût de nos brunchs du dimanche, de la musique new yorkaise, de l'humour à la Woody Allen qui nous emmenait à Manhattan. L'intrigue amoureuse, mêlée de psychanalyse, de délire, de quiproquos, avait tout pour nous plaire, et Jeff Goldblum, contrairement à son rôle dans La Mouche, était tout à fait réjouissant.

En souvenir de ceux, qui peut-être dans la nuit sont venus murmurer à mon oreille ce nom "beyond therapy"...  un fado (ça faisait longtemps !) celui d'Amalia :
Cansaço

Lassitude

Qui est de l'autre côté du miroir
les yeux fixés sur les miens
quelqu'un est passé par là
avant de s'en remettre à Dieu
laissant ses yeux dans les miens

Qui dort dans mon lit
et tente rêver mes rêves ?
quelqu'un est mort dans ce lit
et de là-bas au loin il m'appelle
ses rêves entremêlés aux miens

Tout ce que je fais ou ne fais pas
d'autres l'ont fait comme moi
d'où cette lassitude qui est mienne
de sentir que ce que je fais
n'est pas fait seulement par moi


http://fr.youtube.com/watch?v=2nkxmFJAxA4
 

Mais celui à qui je pense n'aimait pas trop le "fado", la mélancolie, il appréciait Maria Bethânia, Caetano Veloso, alors à toi, cher Bruno, ce poème de Fernando Pessoa/Alberto Caeiro, ("Poema do menino Jesus") dit par elle, et la chanson ("O doce mistério da vida") qui suit (patience, c'est un peu long...) :


http://fr.youtube.com/watch?v=HakV--x6LXM&feature=related


Rédigé par Luciamel

Publié dans #métro - voyages

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