"Etre connecté" coûte moins qu'"être engagé"...

Publié le 8 Mars 2008

"La question reste ouverte : lequel des deux côtés de la médaille a contribué le plus à faire du réseau électronique et de ses instruments d'entrée et de sortie une monnaie d'interaction humaine si populaire et utilisée avec tant d'avidité ? Est-ce la nouvelle facilité avec laquelle on se connecte ? Ou la nouvelle facilité avec laquelle on rompt la connexion ? (...)

Les contacts demandent moins de temps et d'efforts pour s'y engager, moins de temps et d'efforts pour les briser. La distance ne fait pas obstacle au contact - mais entrer en contact ne fait pas obstacle à l'éloignement. (...)

Contrairement à l'ancienne proximité topographique, [la proximité virtuelle] ne demande pas plus que les liens soient établis à l'avance que de réussir à les établir en conséquence. "Etre connecté" coûte moins qu'"être engagé" - mais c'est également moins productif en termes de construction et d'entretien de liens."

Zygmunt Bauman, L'amour liquide - De la fragilité des liens entre les hommes

Rédigé par Luciamel

Publié dans #Politique - société

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luciamel 08/03/2008 14:46

@Tini : merci pour la remarque (non, je n'avais pas perçu que j'avais mis à la suite ces engagement-non engagement extrêmes). Oui, le monde d'internet, nos contacts "élecroniques" nous permettent de rester à distance... de ne pas nous risquer trop dans la relation... Et toutes (les relations) semblent se rapprocher de ce modèle : professionnelles, amicales, affectives, familiales; bien sûr beaucoup le vivent différemment... Bauman indique la tendance de nos sociétés. Comment aider cet élève de 11 ans ? finalement il est parfaitement adapté aux nouvelles valeurs du monde moderne, quand il se mettra à internet (MSN, Facebook, blogs) il se sentira comme un poisson dans l'eau... Donner sa vie pour un idéal, ici en l'occurrence, c'était servir un idéal (professionnel et politique : idéologique en somme)... elles ne l'ont pas vraiment envisagé comme ça : "mourir pour des idées", Benazir Butho se savait en danger, menacée, mais elle ne s'est pas sacrifiée, elle a pris le risque (ce qui est différent, elle a fait le pari que ça pouvait marcher, qu'elle ne mourrait pas), Ingrid Betancourt, c'est un peu pareil, Florence Aubenas, ce sont les risques de son métier... L'engagement dans une relation, dans la société, dans un métier (fût-il artistique), dans un blog, peut-être... c'est toute la valeur de la vie humaine, me semble-t-il.

Tini 08/03/2008 11:25

T'as express mis les deux dèrniers articles un après l'autre? Le premier décrit la situation plutôt normale les contacts sans engagement et l'autre l'exeption l'engagement total coût que coûte, même la vie? Moi je voudrais peut-être donné ma vie pour ceux qui j'aime de tout mon coeur, mais..........je n'en crois pas. Alors je me vers la question pourquoi dans nos jours, les contacts deviennent de plus en plus sans engagement. Pendant sa évolution, l'enfant doit apprendre à se faire des amis. A l'âge de trois ans par exemple l'enfant s'engage que pour le moment, pour jouer en compagnie, sans aspect affective. L'aptitude pour l'amitié l'homme doit la developper peu à peu. En regardant autour de moi, je constate pas mal de relations amicales restée plus ou moins dans ce stade (j'exagère) Mais ces questions la me travaillent car un de mes élèves (11 ans) parâit d'être incapable de se faire des amis. Et je cherche des explications pour lui aider....