Qui me délivrera de mes fantômes ?

Publié le 16 Décembre 2008

Sa chanson m'agace, d'abord je l'avais vue sans le son... problème de réglage de l'ordinateur... alors j'ai recopié tout le texte, à la main... Bon, là je viens de trouver les paroles toutes répertoriées en portugais, et si j'ai de la chance, il y aura même la traduction, sinon... il faudra que je m'y colle (je m'y suis collée...).

Puis, ça m'a irritée : ce chanteur célèbre, avec sa tournure/ "fourrure", ses dorures, son "bling bling", sa voix (oui, j'ai réussi à remettre le son) encore plus énervante : il se gargarise, "qu'est-ce que toute cette misère ?", que c'en est indécent. Pourtant je l'avais apprécié dans La lettre de Manoel de Oliveira (c'était lui le rocker), mais là, sa voix... m'énerve. Voilà ce que je ne supporte pas chez les Portugais... : le côté provincial, déjà Eça de Queiros (si j'ai bonne mémoire) s'en plaignait. Y a pas... je préfère, malgré son énorme passif, Bertrand Cantat et Noir Désir (j'ai honte...).

Je voudrais, quand même, remercier Lusina, chez qui j'ai trouvé le clip : les images m'avaient abasourdie (je vous rappelle que je n'avais pas la voix), les paroles (les sous-titres) me semblaient sidérantes et géniales, mais dès que je les ai eues écoutées, j'ai déchanté... Non, pas ça, pas cette récupération si... tranquille.

 

Pourtant, j'y avais vu quelque chose de "génial"... il fallait bien que ça corrresponde (correspondît pour les puristes) à quelque chose.

 

Alors, tout d'abord les voici, sans image et sans musique, après si vous en avez vraiment envie... vous les écouterez.


Quem me leva os meus fantasmas ?                             Qui me délivrera de mes fantômes ?

(Pedro Abrunhosa) 

Aquele era o tempo                                                     C'était le temps
Em que as mãos se fechavam                                 Où les mains se refermaient
E nas noites brilhantes as palavras voavam,        Où, les nuits lumineuses, les paroles s'envolaient,
E eu via que o céu me nascia dos dedos               Où je voyais le ciel naître entre mes doigts
E a Ursa Maior eram ferros acesos.                         Où la Grande Ourse était de fer incandescent.
Marinheiros perdidos em portos distantes,             Marins perdus en des ports éloignés,
Em bares escondidos,                                                En des bars perdus,
Em sonhos gigantes.                                                 En des rêves éperdus,
E a cidade vazia,                                                          Et dans la ville désertée,
Da cor do asfalto,                                                         De la couleur de l'asphalte,
E alguém me pedia que cantasse mais alto.        Quelqu'un me demandait que je chante plus haut.

Quem me leva os meus fantasmas?                      Qui emportera mes fantômes ?
Quem me salva desta espada?                                Qui me sauvera de cette épée ?
Quem me diz onde é a estrada?                               Qui me dira où est le chemin ?
Quem me leva os meus fantasmas?                       Qui me délivrera de mes fantômes ?
Quem me leva os meus fantasmas?                       Qui me délivrera de mes fantômes ?
Quem me salva desta espada?                                 Qui me sauvera de cette épée ?
E me diz onde e´ a estrada                                          Et me dira où est le chemin.

Aquele era o tempo                                                      C'était le temps où
Em que as sombras se abriam,                               Les ombres s'ouvraient,
Em que homens negavam                                         Où les hommes niaient
O que outros erguiam.                                                 Ce que d'autres érigeaient.
E eu bebia da vida em goles pequenos,                 Et je buvais la vie à petites gorgées,
Tropeçava no riso, abraçava venenos.                 Trébuchant sur les rires, embrassant les venins.
De costas voltadas não se vê o futuro                  Le dos tourné on ne voit pas le futur.
Nem o rumo da bala                                                 Ni la trajectoire de la balle
Nem a falha no muro.                                                Ni la fissure dans le mur.
E alguém me gritava                                                   Et quelqu'un me criait
Com voz de profeta                                                      Avec une voix de prophète
Que o caminho se faz                                                  Que le chemin se fait
Entre o alvo e a seta.                                                      Entre la cible et la flèche.

Quem me leva os meus fantasmas?                      Qui emportera mes fantômes ?
Quem me salva desta espada?                                Qui me sauvera de cette épée ?
Quem me diz onde é a estrada?                               Qui me dira où est le chemin ?
Quem me leva os meus fantasmas?                       Qui me délivrera de mes fantômes ?
Quem me leva os meus fantasmas?                        Qui me délivrera de mes fantômes ?
Quem me salva desta espada?                                 Qui me sauvera de cette épée ?
E me diz onde e´ a estrada                                           Et me dira où est le chemin.


De que serve ter o mapa                                          Que me sert d'avoir la carte
Se o fim está traçado,                                                 Si la fin est toute tracée,
De que serve a terra à vista                                       A quoi sert la terre visible
Se o barco está parado,                                              Si le bateau est arrêté,
De que serve ter a chave                                             A quoi sert d'avoir la clé
Se a porta está aberta,                                                 Si la porte est ouverte,
De que servem as palavras                                        A quoi servent les mots
Se a casa está deserta?                                              Si la maison est déserte ?


Quem me leva os meus fantasmas?                    Qui emportera mes fantômes ?
Quem me salva desta espada?                              Qui me sauvera de cette épée ?
Quem me diz onde é a estrada?                             Qui me dira où est le chemin ?
Quem me leva os meus fantasmas?                     Qui me délivrera de mes fantômes ?
Quem me leva os meus fantasmas?                     Qui me délivrera de mes fantômes ?
Quem me salva desta espada?                              Qui me sauvera de cette épée ?
E me diz onde e´ a estrada                                        Et me dira où est le chemin.

(traduction Luciamel)


Les images représentent des SDF de Porto, la légende dit  :

"Au Portugal 9000 personnes dorment dans la rue. Et, seulement à Porto, elles sont 685"

J'atterris à Porto jeudi, au-revoir Paris, bonjour... cher pays ! Et "Joyeux Noël"  à tous : je vous promets de faire un petit reportage... retour le 30 décembre.




Pedro Abrunhosa - Quem me leva os meus fantasmas ?


Rédigé par Luciamel

Publié dans #Portugal

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luciamel 31/12/2008 01:09

@thierry : à la troisième tentative de te laisser un message sur ton blog... je renonce. Pourtant, je t'avais écrit de belles choses (à mon sens), mais là c'est trop compliqué, ça squeeze ! j'écris et tout s'efface. Qu'y puis-je ?

thierry 17/12/2008 22:14

Vacances. Le mot de trop ! Amitiés

luciamel 17/12/2008 20:26

@Tini : oui, surtout, je trouve que dans ce clip c'est un peu gênant, mais comme notre société l'est : voyeuriste, exhibitionniste. J'espère, du fond du coeur, qu'ici ce sont des acteurs et qu'on n'a pas fait figurer les SDF eux-mêmes, ou qu'alors on leur a donné un TRES bon salaire en échange.@Didier : hors contexte, j'ai un peu de mal à comprendre. C'était dans les échanges qui ne sont plus accessibles ? A l'occasion, si tu as envie de m'en parler, en privé, envoie-moi un mail... c'est moins risqué ;-))) Bonnes fêtes, et je continue à vous suivre de loin (je vais mettre tout le monde dans ma blog liste). Dis donc, là, tu m'as étonnée.

Catherine Goux 17/12/2008 08:35

Je vous en souhaite autant, un jour. Le "bien-fait" était peut-être de trop".

Tini 17/12/2008 00:01

Sujet trop triste. Noël est proche et je te souhaite joyeuse fêtes et bonne voyage. Tu ne restera pas pour sylvestre? Si je le savais.... je rêve depuis longtemps de saluer une fois le nouvel an à Paris.........   Anges de Noël