Tunis et sa révolution du jasmin passe dans ma rue

Publié le 15 Janvier 2011

J'allais faire mes courses, rue Beaubourg, à bobo-land, Paris, quand sur mon chemin est passée une révolution du Jasmin. 

 

Les femmes plus âgées me croisaient en me souriant, la vendeuse du magasin bio où je vais était sortie sur le trottoir pour regarder passer ses compatriotes, et, fièrement, elle disait : "je suis tunisienne". 

 

Une marée incessante pendant une heure a crié sa joie d'être libérée d'un dictateur. Que sera demain ? dans le magasin une autre Tunisienne, semblerait-il, m'assura que ça ne pouvait être pire. Au retour, je remontai le courant rouge des drapeaux, et entendais battre le coeur de ceux dont l'espoir est que le peuple peut changer le monde. 

 

Je me suis prise à rêver que Paris... pourrait de nouveau faire voler l'oiseau de mai, mai, mai, mai Paris !


         **********************************************************************

 

ajout du dimanche matin : suite au commentaire de Toff de Aix et de ma réponse, voici des liens sur lesquels je vous engage fortement à cliquer :

 

Réalisateurs, écrivains... ils accusent le monde de la finance (enquête Télérama)

 

entre autre, s'y trouve une perle : cette interview d'Alain Touraine 

 

Car, il est bon de rappeler que les Tunisiens se sont révoltés en premier lieu contre un système économique devenu fou et soutenu par des dirigeants, eux-mêmes, pris dans la folie du système.

 

 

 

 

Photo-178.jpg 

 

Photo-183.jpg 

 

Photo-189.jpg 

 

Photo-193.jpg 

 

Photo-181.jpg 

 

Photo-173.jpg 

 

Photo-198.jpg 

 

Photo-199.jpg 

 

Photo-203.jpg 

 

Photo-195.jpg 

 

Photo-196.jpg 

                               photos (c) Luciamel, le 15/01/2011, à Paris, rue Beaubourg.

 

 

Rédigé par Luciamel

Publié dans #Politique - société

Repost 0
Commenter cet article

lucia mel 18/01/2011 18:30



@Solveig : oui, nous avons tous été surpris, les Tunisiens les premiers ! par la soudaineté et la rapidité dans la cohésion d'un peuple à se révolter. Ils nous donnent une leçon, en nous montrant
qu'aucun joug n'est éternel : j'ai vu le reportage montrant ces gens visitant les villas, les palais... de leurs nababs, aussi corrompus que les nôtres, cette femme disant : "regardez, c'est
indécent cette opulence ! nous qui parfois n'avons pas assez pour acheter une boîte de lait". 


 


@Balmeyer : croisons les doigts, oui, mais, aussi, serrons le poing !!! (car nous risquons d'avoir besoin de cette détermination-là, de ce courage-là, nous aussi, bientôt). 


 


 



balmeyer 18/01/2011 09:41



Comme Solveig, je croise les doigts pour qu'il y ait quelque chose de "mieux", et pas de "pire" après ça. Après cette bouffée d'oxygène, quelle terrible désillusion si ça ne marchait pas... et
quel formidable espoir si ça marchait...



solveig 17/01/2011 19:03



Comme on vibre quand une révolution se produit sous vos yeux !


Et pour ma part, comme je me suis trouvée nulle d'apprendre à la fois la dictature et son renversement ... oui, c'est comme ça et je n'en suis pas fière, je n'écoutais pas les bons media...
j'étais tranquille, me disant que la Tunisie avait un Etat laïc, que les femmes n'y étaient pas voilées etc .La nouvelle liberté de paroles dit tout autre chose.


Et maintenant ? ... J'ai l'inquiétude que le remède soit pire que le mal, qu'un Etat religieux prenne la place d'un Etat escroc ... il y a d'autres exemples et j'ai entendu souvent faire le
parallèle avec l'Iran, ces jours derniers.


Bravo pour ton reportage photos !



lucia mel 16/01/2011 12:55



@Dorham : oui, c'était ça aussi mon étonnement, au passage de Lutte ouvrière, associée au défilé, quand ils ont entonné l'internationale, et levé le poing, spontanément sur le trottoir, ce jeune
homme qui regardait passer le défilé... a levé le poing. 


 


@Anne : il y avait quelque chose de drôle à me voir me faufiler avec mon caddie  rempli de provisions, et munie de mon Iphone, en essayant de remonter le courant; les femmes plus âgées, les
jeunes, semblaient heureux d'offrir au monde l'image d'un peuple libéré.


 


@Rouge jasmin, tueursnet... : oui, j'ai déjà vu passer votre "communiqué" sur un autre blog, si vous en disiez plus... sur vous et votre site. 


 


@Toff : oui, c'est exactement mon impression, on (les gouvernements associés) va nous recadrer tout ça vite fait bien fait, car, si j'ai bien compris, il s'agit plus d'une révolution économique
(mais, elles commencent souvent comme ça pour "du pain !") que vraiment d'un soulèvement contre une dictature... 


 


Là où nos dirigeants, les nantis, les complices ou les bénéficiaires d'un système économique de plus en plus inégalitaire ont du souci à se faire, c'est que là-bas, comme ici, les gens, le commun
des mortels, commence à mieux les cerner, et à les avoir en ligne de mire. Le danger pour eux, c'est que les gens, les petits les sans grade, les classes moyennes de plus en plus sacrifiées,
s'aperçoivent qu'ils ne sont que des rois nus, et que "tous ensemble", mais parfois, même "un seul", peut tout changer, Alain Touraine en parle (cf. article de Télérama), et, bien sûr, Stéphane Hessel, on ne peut
pas indéfiniment mépriser les peuples. 



toff de aix 16/01/2011 11:03



salut,


on a tous la rage, l'espoir, ou ce que vous voulez : forcément ce genre de "révolution" ça ne laisse pas de marbre.


En même temps je ne peux m'empêcher de jouer les rabat-joie de service : le système étant ce qu'il est (et l'économie actuelle aussi), qui ou quoi va remplacer le dictateur déchu?


L'espérance est formidable, le peuple tunisien a légitimement et courageusement mis fin au règne de ce pourri, il y a eu des morts pour cela (c'est le plus triste, devoir mourir pour avoir le
droit de vivre dignement), mais que va-t-il se passer maintenant? Qui sera le remplaçant? J'ai envie de dire que les Tunisien(ne)s ne doivent surtout pas relâcher la pression, au risque de se
faire bananer une nouvelle fois....



le journal des tueursnet 16/01/2011 02:37



Rouge Jasmin

Le Jasmin c’est désormais le nouveau parfum, de ces jeunes tunisiens qui ont donné leur sang pour mettre fin à la corruption, l’abolition des privilèges…
quel sublime sacrilège !
Qui indique, qu’il n’y a pas, qu’il ne peut y avoir d’autre souverain que le Peuple.
Pas d’autre destin que celui qu’il se choisit : le sien.
La Tunisie vient d’ouvrir les yeux du monde sur ce qui est désormais possible : la Révolution…  
Quitte à mourir autant mourir pour les autres…
Un peuple qui se soulève comme un seul homme
Ce n’est plus Rome, mais Carthage !
J’ai la rage, pas vous ?



anne des ocreries 15/01/2011 23:31



Ah, ça a dû être quelque chose, ça ! comme on sent son coeur battre, à ces moments-là....



Dorham 15/01/2011 20:48



Oui. On se dit : "et nous ?" Un exemple à suivre ?